Graphiquement, c'est un plaisir à ne pas bouder : un bel hommage à Guarnido qui affirme aussi sa propre identité, c'est vraiment du très beau boulot avec un travail de colorisation enchanteur.
La mise en scène est aussi dynamique qu'efficace et on parcourt donc ces quelques dizaines de pages avec délice.
Côté scénario, en revanche, je ne cache pas ma déception : c’est du Blacksad pur jus dans le deroulé des événements, Canales n’a pas changé sa recette d'un iota. C'est comme si Weekly ne lui inspirait rien de spécial, que la genèse de sa vocation de journaliste se résumait à une affaire comme les autres (celles qui viendront ensuite). On comprend d'ailleurs très mal pourquoi il renonce à son nom à la fin, on reste finalement assez loin du personnage que ce tome nous propose pourtant de mieux connaitre.
Pire : la résolution de l'affaire en 1 page de flash back venu de nulle part est catastrophique et nous sort artificiellement du rythme effréné des évènements qui s'enchaînaient jusque là plutôt bien. On dirait alors qu'on a tenté de faire tenir en 1 tome ce qui en aurait mérité 2 pour laisser s'installer le doute, le questionnement et quelques péripéties supplémentaires.
Bref, j'ai le sentiment d'un beau gâchis car le plaisir de lecture n’est grand que grâce au talent de Rigano qui vient faire briller comme il peut un énième scénario très classique de polar politique sans grand suspense qui aurait mérité plus d'inspiration...