Blacksad est une de mes séries préférées. La lecture du premier tome il y a plus de vingt ans maintenant a été un véritable coup de cœur. Suivre les pas de ce détective félin enquêtant dans un univers de polar anthropomorphique s’est avérée passionnante. La qualité de cet opus inaugural s’est confirmée au cours des épisodes suivants et a fait de chaque nouvelle parution un événement marquant du neuvième art.
C’est donc avec curiosité que j’ai découvert l’apparition en librairie du premier acte d’une série intitulée Blacksad Stories. Intitulé Weekly, il prend le nom du « sidekick » sympathique et attachant de John Blacksad. La couverture nous le présente au centre d’une foule grise qui semble l’ignorer. Une étiquette indique « Aux origines de la série culte, Weekly avant Blacksad ». Il s’agit donc d’un préquel. J’étais curieux de mettre la lumière sur ce protagoniste mustélidé qu’on ne connait pour l’instant que dans l’ombre de son collègue chat.
Cet album se démarque de sa série-sœur par le nom de son dessinateur. En effet, Juanjo Guarnido n’est pas sollicité sur ce projet. C’est Giovanni qui se voit confier la mission de mettre en image le scénario né de l’imagination de Juan Diaz Canales. Le style s’avère différent sans jamais souffrir de la comparaison. Je trouve que le dessinateur affirme sa personnalité graphique tout en respectant l’atmosphère caractéristique de Blacksad.
L’histoire nous fait découvrir Weekly avant Weekly. On rencontre donc Dustin, un adolescent qui cherche sa place à New York. Il vit avec sa grand-mère qui ne semble jamais s’être remise de l’immigration subie qui l’a menée vers la Grande Pomme. Le jeune homme enchaine donc les métiers divers et variés : photographe, employé de pompes funèbres, indic… Malgré sa bonne volonté et une certaine roublardise, la réussite est rarement au rendez-vous. C’est donc ses pérégrinations dans une société qui lui semble hostile que nous prenons plaisir à suivre dans cet album…
J’ai trouvé que le scénario se tenaitbien. La narration ne souffre d’aucun temps mort. Les événements s’enchainent efficaces et alimentent en permanence la curiosité. L’attachement immédiat pour Dustin fait qu’on est pleinement investi dans ses différentes aventures et on souhaite de tout cœur de voir ses efforts récompensés. Au gré de ses expériences professionnelles, une galerie de personnages secondaires s’installe et alimente l’intrigue. Cela offre ainsi une trame plutôt dense dont j’ai pris plaisir à voir se développer la toile. En effet, les pages cachent son lot de surprises et de rebondissements.
Pour conclure, Weekly est une belle réussite. Tout en possédant sa propre identité, elle enrichit joliment l’univers de Blacksad. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre les pas de cette fouine sympathique, maladroite et attachante. J’en conseille donc vivement la lecture aux adeptes de la série-mère. Le déplacement vaut le détour…