J'ai d'abord eu une réaction épidermique plutôt négative; mais j'ai senti qu'il me faudrait insister, comme pour ces artistes qui m'ont repoussé à la première écoute mais qui me sont devenus par la suite des références absolues.
J'en suis au tome 2 et je ne sais pas si j'arriverai à ce niveau avec ce manga ; je pense qu'il ne se cristallisera jamais, qu'il restera la manifestation incohérente des cauchemars goth d'un étudiant en architecture [Note: après un tour sur Wikipedia c'est confirmé !] torturé, voire schizophrène. Mais c'est tout l'intérêt !
La dégaine des personnages, assez datée voire ratée (les visages sont interchangeables, l'anatomie très hasardeuse) me fait penser à un webcomic du début des années 2000, infusé au gribouillis émo [Note: je croyais que le manga datait de 2015, il a en fait commencé en 1996, tout s'explique !!].
Le scénario, pour ce que j'en capte à ce stade, est classique voire inutile, un simple prétexte pour avancer (comme dans beaucoup de shonen je crois !).
Mais l'ambiance sauve tout, avec les gigastructures incompréhensibles, incroyablement pesantes, avec page après page (après page) sans paroles, espaces paradoxaux et scènes d'action illisibles voire abstraites contre des monstres techno-gore.
On se sent projeté dans les névroses de l'artiste, et même si le trip est assez ahurissant on lui souhaite d'aller mieux.
Maintenant que j'ai compris que c'était une production "jeune", j'irai aussi voir ses œuvres plus tardives, afin de peut-être comprendre quelque chose !