Bleach
6.4
Bleach

Manga de Tite Kubo (2001)

The Death, The Strawberry and The Coolitude

Parmi les stars de l’âge d’or du manga dans les années 2000, Bleach est le seul que j’ai laissé tomber assez vite. Pourtant, étant petit, je trouvais l’univers et les personnages et l’univers particulièrement cool. C’est pourquoi, une dizaine d’années plus tard, j’ai lu les 74 tomes du Bleach de Tite Kubo. Bilan de cette longue lecture : C’est un bon shonen, un shonen cool au sens premier du terme mais, ça mérite vraiment pas mal de critiques sur la longueur. Attention, cette critique contient quelques spoilers.
Bleach raconte l’histoire d’Ichigo Kurosaki, lycéen bagarreur qui est capable de voir les fantômes et de leur parler. Un jour, il est attaqué par un Hollow, un esprit devenu démoniaque sous la forme d’une créature difforme, et va rencontrer Rukia Kuchiki, une Shinigami qui protège l’équlibre entre les morts et les vivants. De cette rencontre, Ichigo va récupérer des pouvoirs de Shinigami, et commencer une nouvelle vie entre le monde des vivants et celui des morts. Bleach, au même titre que Naruto et One Piece (pour citer les deux autres légendes des années 2000), pose pas mal de bases du genre shonen : du ranking, des combats à la pelle, les valeurs de courage et d’espoir toujours très mise en avant. Perso, j’aime ce cahier des charges, et j’apprécie quand il est bien respecté. L’une des qualités premières de Bleach, c’est ses personnages et les zanpakutos. L’arc du sauvetage de Rukia avec les capitaines et vices-capitaines, les combats avec des zanpakuto toujours surprenant, cet arc est vraiment très, très bon. C’est pareil pour l’arc Arrancar, même si on commence à voir les limites de Bleach. Aizen pouvait être le grand méchant de Bleach, c’était suffisant. Les espadas comme Ulquiorra et Grimmjow apportent vraiment quelque chose a l’histoire, mais ce sont un peu les seuls. Bleach coule dans ses problèmes dès la fin d’Aizen, avec l’inutile et pourtant hypant arc des Fullbringers. Cinq tomes consacrés à une forme de pouvoir qui apparait de nulle part, et ne sert que de prétexte pour redonner sa puissance a notre héros Ichigo. Les vingt tomes de la guerre totale entre Quincy et Shinigami est un immense fourre-tout qui nous balancent un nombre démentiel de combats, de morts, de révélations et de retour inattendu juste pour faire « Oh, lui aussi, il est là ». En soi, la conclusion tant décriée, je l’ai bien aimé, c’est ce qu’il fallait. Comme s’appelle l’avant-dernier chapitre, c’est « Une fin parfaite ». Mais au fil des tomes a partir du tome 55, Kubo veut trop en faire et ne prend pas son temps (peut-être forcé par son éditeur, aussi). Tout va trop vite, et c’est dommage parce que c’est vraiment cool. Les personnages, les bankais, les combats dynamiques et dantesque, les pointes d’humour qui fonctionne et même l’émotion pure qui nous touchent sur certaines histoires, m’ont fait dévorer des tomes à la chaine, avec la difficulté de m’arrêter.
Tite Kubo niveau dessin, il a réussi à faire des personnages vraiment marquants. Chaque capitaine, tous les membres de l’équipe terrestre (Ichigo, Chad, Uryu, Orihime), même certains des 800 Stern Ritters d’Yhwach, les chara-design sont une réussite. Les bankais sur des doubles pages, les grands moments des combats, ça a de la gueule. Les couvertures et les illustrations entre chaque chapitre sont parmi les plus cools et les plus stylés du shônen. Mais, il ne faut pas nier que les décors, l’univers est particulièrement insipide. La Soul Society, le Hueco Mondo, tout est blanc, linéaire et carré, une impression de vide qui permet de se centrer sur les fights mais on n’a jamais droit a de jolis panoramas sur des lieux attrayants comme Eiichiro Oda sait bien le faire.
Bleach, c’est vraiment un bon manga qui mérite d’être lu, ça se dévore avec un plaisir indéniable mais arrivé à la dernière page, je ne peux que constater que ça aurait pu être tellement meilleur si ça avait pris son temps et mieux gérer ses combats, ses twists particulièrement sur la fin.

Supmad
7
Écrit par

Créée

le 2 déc. 2018

Critique lue 186 fois

Supmad

Écrit par

Critique lue 186 fois

D'autres avis sur Bleach

Bleach

Bleach

6

Utoptia

le 30 juil. 2016

Suivre

De l'assassinat d'une légende.

C'est avec beaucoup d'amertume que j'écris cette critique. Beaucoup d'amertume car Bleach a longtemps été, aux jeunes et candides heures de ma vie où je ne lisais que peu de mangas, mon oeuvre...

Bleach

Bleach

7

Ulquiorra

le 27 févr. 2013

Suivre
Dernière modification

le 27 févr. 2013

Tâches blanches sur veste noire

Bleach est un manga qui commence bien. On a un ado [un vrai, pas un gamin de 12 ans] qui passe de médium du quartier porteur de fleur pour les petits fantômes cancéreux à chasseur d'âmes esseulées...

Bleach

Bleach

5

Josselin-B

le 4 nov. 2019

Suivre

De l'art de savoir assumer ses plaisirs coupables

Lorsque je tentais mes premières incursions dans le domaine du manga, on me recommanda bien assez tôt Bleach. Mon ami - ou plutôt camarade - me suggéra ce Shônen car, je cite «Le héros, il a une...

Du même critique

Heavenly Delusion

Heavenly Delusion

8

Supmad

le 2 oct. 2023

Suivre

Le paradis semé d'embûches

Parmis les animés de 2023, Heavenly Delusion peut prétendre à la place d'OVNI de cette belle année : une œuvre étrange et intrigante de bout en bout, un récit qui va loin dans ses thématiques et les...

JoJo's Bizarre Adventure: Stardust Crusaders : Battle In Egypt

JoJo's Bizarre Adventure: Stardust Crusaders : Battle In Egypt

8

Supmad

le 2 juil. 2015

Suivre

L'anthologie du manga et de la vie, volume 3

Après les excellentes Phantom Blood et Battle Tendancy, la troisième partie de Jojo's a aussi eu son adaptation en animé de 48 épisodes (du lourd), un pavé purement shonen a l'univers visuel toujours...

Solo Leveling

Solo Leveling

7

Supmad

le 14 juin 2024

Suivre

New Game+ Revanchard

Premier événement animé de l'année 2024, Solo Leveling est donc une découverte qui ne m'a pas déçu dans la qualité du spectacle proposé, absolument dantesque et mémorable. Après, malgré un univers...