Parmi les stars de l’âge d’or du manga dans les années 2000, Bleach est le seul que j’ai laissé tomber assez vite. Pourtant, étant petit, je trouvais l’univers et les personnages et l’univers particulièrement cool. C’est pourquoi, une dizaine d’années plus tard, j’ai lu les 74 tomes du Bleach de Tite Kubo. Bilan de cette longue lecture : C’est un bon shonen, un shonen cool au sens premier du terme mais, ça mérite vraiment pas mal de critiques sur la longueur. Attention, cette critique contient quelques spoilers.
Bleach raconte l’histoire d’Ichigo Kurosaki, lycéen bagarreur qui est capable de voir les fantômes et de leur parler. Un jour, il est attaqué par un Hollow, un esprit devenu démoniaque sous la forme d’une créature difforme, et va rencontrer Rukia Kuchiki, une Shinigami qui protège l’équlibre entre les morts et les vivants. De cette rencontre, Ichigo va récupérer des pouvoirs de Shinigami, et commencer une nouvelle vie entre le monde des vivants et celui des morts. Bleach, au même titre que Naruto et One Piece (pour citer les deux autres légendes des années 2000), pose pas mal de bases du genre shonen : du ranking, des combats à la pelle, les valeurs de courage et d’espoir toujours très mise en avant. Perso, j’aime ce cahier des charges, et j’apprécie quand il est bien respecté. L’une des qualités premières de Bleach, c’est ses personnages et les zanpakutos. L’arc du sauvetage de Rukia avec les capitaines et vices-capitaines, les combats avec des zanpakuto toujours surprenant, cet arc est vraiment très, très bon. C’est pareil pour l’arc Arrancar, même si on commence à voir les limites de Bleach. Aizen pouvait être le grand méchant de Bleach, c’était suffisant. Les espadas comme Ulquiorra et Grimmjow apportent vraiment quelque chose a l’histoire, mais ce sont un peu les seuls. Bleach coule dans ses problèmes dès la fin d’Aizen, avec l’inutile et pourtant hypant arc des Fullbringers. Cinq tomes consacrés à une forme de pouvoir qui apparait de nulle part, et ne sert que de prétexte pour redonner sa puissance a notre héros Ichigo. Les vingt tomes de la guerre totale entre Quincy et Shinigami est un immense fourre-tout qui nous balancent un nombre démentiel de combats, de morts, de révélations et de retour inattendu juste pour faire « Oh, lui aussi, il est là ». En soi, la conclusion tant décriée, je l’ai bien aimé, c’est ce qu’il fallait. Comme s’appelle l’avant-dernier chapitre, c’est « Une fin parfaite ». Mais au fil des tomes a partir du tome 55, Kubo veut trop en faire et ne prend pas son temps (peut-être forcé par son éditeur, aussi). Tout va trop vite, et c’est dommage parce que c’est vraiment cool. Les personnages, les bankais, les combats dynamiques et dantesque, les pointes d’humour qui fonctionne et même l’émotion pure qui nous touchent sur certaines histoires, m’ont fait dévorer des tomes à la chaine, avec la difficulté de m’arrêter.
Tite Kubo niveau dessin, il a réussi à faire des personnages vraiment marquants. Chaque capitaine, tous les membres de l’équipe terrestre (Ichigo, Chad, Uryu, Orihime), même certains des 800 Stern Ritters d’Yhwach, les chara-design sont une réussite. Les bankais sur des doubles pages, les grands moments des combats, ça a de la gueule. Les couvertures et les illustrations entre chaque chapitre sont parmi les plus cools et les plus stylés du shônen. Mais, il ne faut pas nier que les décors, l’univers est particulièrement insipide. La Soul Society, le Hueco Mondo, tout est blanc, linéaire et carré, une impression de vide qui permet de se centrer sur les fights mais on n’a jamais droit a de jolis panoramas sur des lieux attrayants comme Eiichiro Oda sait bien le faire.
Bleach, c’est vraiment un bon manga qui mérite d’être lu, ça se dévore avec un plaisir indéniable mais arrivé à la dernière page, je ne peux que constater que ça aurait pu être tellement meilleur si ça avait pris son temps et mieux gérer ses combats, ses twists particulièrement sur la fin.