Bleach est un shonen qui, pour une raison qui continue de m'échapper, a trouvé une immense popularité dans le monde entier. Pourtant, en le revisitant, je n’y vois que des failles criantes.
D’abord, les points faibles sautent rapidement aux yeux. Le scénario est incroyablement répétitif. Les arcs narratifs semblent se répéter sans réelle évolution des personnages. Chaque nouvel antagoniste ou menace ne fait que resservir les mêmes schémas d’écriture, avec une surenchère constante de pouvoirs et de transformations qui, au bout du compte, n’ont plus aucun impact émotionnel. Tout devient prévisible et, pire encore, vide de sens.
On débute quelques premiers tomes d'une longueur terrible, avec un jeune homme qui peut voir des fantômes.
On nous explique en suite, qu'il y a les gentils fantômes et que nous allons nous intéresser aux méchants fantômes que l'on peut en fait combattre, dans un tutoriel que le héros passera 6 longs tomes... En enchainant les affrontements et quelques blagues de personnages secondaires oubliable. Passé cette phase, on arrive enfin à l'arc qui a fait le succès de l'œuvre et on se retrouve sur quelque chose de très classiques, voir trop téléphoné, comme un Saint Saya, avec des enchainements de combats un poil ennuyeux.
Rien d'incroyable et rien d'intemporel, c'est un manga qui permet peut être de démarrer avec ce type de lecture, mais certainement rien de plus.
Donc pour résumé, nous sommes sur le classique, il y a des monstres et des chasseurs de monstres, mais comme c'est pas trop intéressant à la longue, l'éditeur à proposer de faire des combats de chasseurs de monstres et de faire fusionner des chasseurs de monstres avec les dit monstres... Mon dieu quoi, rien que d'écris ça, j'en perd patience.
L’un des plus gros points noirs est sans conteste l’écriture des personnages. Alors que le shonen est souvent connu pour ses protagonistes attachants et évolutifs, ici, Ichigo Kurosaki manque de profondeur. Il incarne une caricature du héros surpuissant et incompris, mais sans aucune introspection qui pourrait le rendre réellement intéressant. Les personnages secondaires, bien que nombreux, ne parviennent jamais à dépasser leur statut de figurants glorifiés, servant principalement à remplir les vides d’un récit déjà trop éparpillé.
Sur le plan visuel, je dois reconnaître que Bleach a marqué les esprits par le soin apporté aux poses héroïques et à l’anatomie des personnages. Mais au-delà de ces qualités graphiques, le style semble rapidement stagner. Les décors se résument souvent à des arrières-plans fades et peu travaillés, ne servant que de toile de fond aux combats. En voyant le peu d'inspiration du charadesign, on avait déjà un indice sur la qualité des décors mais là...
Cette approche "vide" me donne l’impression que l’univers de Bleach est étriqué, sans vie propre et surtout qu'elle n'a rien à raconter.
Et que dire des combats ? Ils s’étirent interminablement, souvent sur plusieurs chapitres, sans jamais atteindre la tension dramatique qu'on pourrait attendre d’un shonen de cette envergure. L’action est certes paraitre spectaculaire au début, mais devient rapidement lassante avec une absence de stratégies élaborées ou d’enjeux palpables. Dommage parce que les combats... C'est un partie qu'on attend en général et ici j'ai fini par les craindre.
Mais alors pourquoi ça a autant fonctionné?
Ma théorie est faiblarde, mais je n'y vois aucune autre raison valable:
Je pense que le succès de Bleach repose plus sur le contexte de son époque que sur ses qualités intrinsèques. Il est sorti à un moment où le marché mondial du manga explosait, notamment grâce à la popularité des animés et des séries accessibles en ligne. Bleach a su capter cette vague de popularité, mais rétrospectivement, il n’offre que peu de substance. Son influence est plus due à la période de son ascension qu’à ses mérites réels.
C'est triste... Car aujourd'hui, je suis devenu si permissif sur la sortie de beaucoup de nouveautés. J'aime beaucoup My Héro Academia par exemple et justement Bleach est le cas d'école parfait en bande dessiné pour exprimer le vide.
Tu veux du no-brain et des affrontements stylés? Il existe déjà des donnes d'oeuvres qui font très bien le boulot et beaucoup mieux. Alors quand on parle de l'Age bénie de Naruto et One Piece, pourquoi continuer à citer Bleach, comme s'il méritait d'arriver à la cheville des deux autres?
Donc non... Je ne supporte pas qu'on me dise "il faut bien commencer quelque part"...
Commencer le manga? Aucun soucis, avant et après la sortie de Bleach il existe une centaine d'autres oeuvre bien plus efficace sur tous les points.
Bleach est, à mes yeux, un produit d’une époque spécifique, mais qui ne parvient pas à transcender les faiblesses de sa propre formule. Son succès reste un mystère, et bien que certains puissent trouver du plaisir dans ses batailles et ses personnages stylisés, je ne peux m'empêcher de voir une série profondément creuse, qui s’est laissé emporter par la vague de la mode plus que par la force de sa narration.
Moi aussi et comme beaucoup, j'ai été au collègue et lorsque la folie du manga a envahit le monde, on me l'a conseillé... Déjà à l'époque ça n'avait aucun intérêt et ça n'avais ni l'humour, ni l'émotion que pouvait me procurer facilement d'autres mangas. Aujourd'hui, je confirme, c'est une oeuvre oubliable et si vous tombez sur ces lignes en 2050, sachez que même à l'époque de ça sorti. Le succès de cette oeuvre n'était pas total et que beaucoup se questionneront encore là dessus.
On aura résolut le mystère des pyramides, mais personne ne sera expliquer le succès de Bleach, croyez moi, c'est une des erreurs que l'humanité aura pu faire dans son histoire.