Carnet de santé foireuse de Pozla, c’est un peu comme une échographie faite par un street artist : brut, touchant, et incroyablement humain. Avec cette BD autobiographique, Pozla nous ouvre les tripes (littéralement), et nous invite à un voyage intérieur où l’humour se bat en duel avec la douleur. Spoiler : l’humour gagne, mais de justesse.
Atteint d’une maladie de Crohn, Pozla nous raconte son parcours médical, des diagnostics flous aux séjours à l’hôpital qui s’enchaînent. Ce n’est pas seulement un récit de galère, mais une plongée dans un univers où l’intime se mêle à l’absurde bureaucratique des hôpitaux. La façon dont il parle de sa relation avec son propre corps, parfois comme d’un coloc insupportable, est à la fois hilarante et profondément émouvante.
Le dessin, c’est l’âme de cet ouvrage. Pozla mélange croquis impulsifs, illustrations décalées, et véritables chefs-d’œuvre anatomiques, le tout avec une énergie qui déborde de chaque page. Les émotions sont palpables : la douleur est griffonnée à vif, la rage est explosive, et les petits moments d’espoir brillent comme des éclats de lumière dans une IRM. Chaque page est un miroir de son combat, et on le suit, captivés, dans cette bataille acharnée contre un corps capricieux.
Ce qui frappe aussi, c’est le ton. Pozla ne s’apitoie jamais sur son sort. Au contraire, il tire de chaque épreuve une dose d’autodérision qui force l’admiration. Il n’y a pas de super-héros ici, juste un gars normal qui transforme une réalité pourrie en art sublime. Et c’est ça qui rend le récit universel : que tu sois malade ou en pleine forme, tu te reconnais dans cette quête d’équilibre et de résilience.
Mais ce n’est pas qu’un carnet de bord médical. C’est une réflexion sur la fragilité humaine, sur l’importance de rire même quand tout semble foutu, et sur la créativité comme moyen de survie. Pozla réussit à parler d’un sujet lourd avec une légèreté salvatrice, sans jamais minimiser la souffrance.
En résumé : Carnet de santé foireuse est une œuvre magistrale, un tourbillon d’émotions et de créativité brute qui nous rappelle que, même quand la vie te file un mauvais ticket, tu peux encore faire un chef-d’œuvre avec. Une lecture qui te fait sourire, te bouleverse, et te laisse admiratif devant la force qu’on peut trouver dans l’art et l’humour. Un vrai remède contre le désespoir, sans ordonnance requise.