On est de gauche, proche d'associations pro-migrants, on veut accueillir chez soi une mineure non-accompagnée venue du Libéria, on se fait de magnifiques films pleins de bons sentiments, et puis il y a la réalité. Il faut tisser une relation de confiance avec une personne qui ne vous dit pas tout, voire qui vous balade. Mais par-delà, il y a de vrais liens d'affections qui se créent.
Cette bande-dessinée fourmille de petites notations psychologiques sur ce que c'est de prendre dans son intimité un élément étranger, dont on ne comprend pas les réactions, et sur lequel on projète beaucoup de choses.
Je comprends la démarche mais il y a une logique un peu voyeuriste. Il manque un peu de pédagogie générale sur les migrants. C'est dommage que l'auteure en soit restée juste à son expérience personnelle, cela donne au livre un ton un peu nombriliste, même si en soi on s'identifie facilement. Dézoomer aurait pu être intéressant plutôt que de faire le compte-rendu le plus précis possible de son ressenti.
La principale qualité de cet ouvrage est sa complexité, ce sentiment de grande confusion intérieure qu'il parvient à transmettre.