Après bien des hésitations et des chapitres lus sur Manga Plus depuis les débuts de la série (my english is good), j’ai sauté le pas de la version physique française pour Centuria et… j’y retrouve un peu de ce que j’ai éprouvé à l’époque de la parution de Fire Punch (l’auteur de Centuria a été assistant de Fujimoto après Fire Punch). Traduction : ça me plaît plutôt bien !
Outre le médiévalisme du manga et un univers où des détenteurs de pouvoirs vont s’affronter autour d’une prophétie (histoire qui finit rarement bien en général si on en croit les récits grecs), il y a avec Centuria un petit truc en plus, qui n’en fait pas un simple patchwork de recettes déjà éprouvées.
Alors certes tout n’est pas parfait. Il y a parfois des problèmes de proportion avec, par exemple, des mains de personnages qui paraissent plus imposantes que celles de basketteurs et qui feraient tenir un enfant dans leur paume (j’en rajoute un peu) ou encore des allures parfois un peu trop raides, donnant aux personnages un aspect très/trop Terminator. Et plusieurs d’entre eux n’échappent pas aux stéréotypes qu’on croise dans un récit de (dark) fantasy.
Mais si on peut passer outre ces défauts probablement inhérents à toute première œuvre au long cours d’un artiste, Tohru Kuramori me paraît sincère dans son travail, bien embarqué dans son univers et l’intrigue qu’il propose, tout en n’hésitant pas à dégommer des personnages pour que le récit avance (le duo principal n’a toutefois pas encore trépassé). On pourrait parfois même se croire, l’espace de quelques planches, dans Vinland Saga pour mieux rebasculer dans la bagarre et le sang qui gicle quelques pages plus loin. Le calme et la tempête sont les deux faces de la même pièce qu’est Centuria.
On pourra aussi apprécier les petits mots de l’auteur, sur le rabat de la jaquette. Ils tiennent plus de Fujimoto que des élucubrations d’Araki mais avec le petit dessin en prime de créatures kawai (ou presque ?) on démarre toujours un tome avec le sourire. Ce qui n’est pas si mal par les temps actuels.