Avec ce seizième tome, Chainsaw Man poursuit sa trajectoire chaotique et fascinante, mais sans toujours atteindre l’équilibre qui faisait la force des volumes précédents. Fujimoto continue d’y explorer son mélange si particulier de gore, d’absurde et d’angoisse existentielle, mais l’ensemble laisse parfois une impression de dispersion, comme si le récit cherchait encore sa forme.
Le cœur de ce tome repose sur une montée en tension autour de l’identité de Denji, de sa place dans un monde qui tente tour à tour de le contrôler, de le mythifier ou de le neutraliser. Le manga oscille entre pur carnage spectaculaire — Fujimoto sait toujours comment construire une scène d’action qui semble jaillir hors de la page — et moments d’intimité grinçante, où l’on retrouve la sensibilité tordue et presque fragile de ses personnages.
Pourtant, l’humour, plus erratique, se mêle aux enjeux émotionnels sans toujours s’accorder avec eux. L’évolution des personnages secondaires manque parfois d’ampleur, comme si le récit était davantage préoccupé par ses chocs visuels que par la profondeur de son univers. On lit tout de même ce tome avec un plaisir sincère : Fujimoto garde ce talent pour surprendre, décaler, perturber — même lorsque tout ne touche pas juste.
Résumé
Un tome énergique, inventif mais inégal, où l’éclat de Fujimoto croise quelques baisses d’inspiration.
🪚 Un chaos toujours séduisant, mais qui ne retrouve pas totalement sa pleine maîtrise.