Attirée comme une mite par les somptueuses aquarelles aperçues en feuilletant l'ouvrage dans ma librairie locale, je me suis plongée dans cette histoire cruelle en sachant que les peuples premiers n'étaient généralement pas les protagonistes de ballades sentimentales optimistes, et pour cause. Là encore, on est servi. Deux frères sang-mêlés rentrent de la guerre après des années de bons et loyaux services, miraculeusement en vie. L'accueil de leur père, qui souhaite ne pas prendre parti dans un conflit qui nuit à son commerce, incite l'un d'eux à retrouver la tribu cheyenne dans laquelle vit sa mère. Ce retour à ses racines rappelle un peu les deux premières heures pacifiques de Danse avec les loups et nous donne l'occasion de partager le quotidien des amérindiens, proches de la Terre et attachés à leurs traditions. Ça permet de souffler entre deux JT cataclysmiques. Sauf qu'on sait très bien que le manque d'honneur des Visages-pâles était le même à l'époque et qu'aucune trêve ne sait durer quand la convoitise et l'avidité justifient les comportements les plus outranciers et vils. On le sait dès le départ, tout va partir en cacahuètes, et la contemplation attendrie des jolis cieux aquarellés n'y pourra rien, on sortira de là au bord du dégoût. Mais bon, c'est un joli voyage, malgré quelques cases moins fermes du point de vue du dessin.