Jim Terry a dès l’enfance été tiraillé entre une mère indigène et un père blanc tout deux alcoolique et parfois toxique autant que lumineux.
Il a toujours cherché son identité, mais comme il a été incapable de la trouvé, il s’est noyé dans l’alcoolisme et la solitude urbaine.
Il se trouve (et la société le trouve) trop “Indien” pour les Blancs, et trop “Blanc” pour les Indiens.
Il ne trouve jamais sa place, jamais sa “maison”.
Il s'enferme dans une solitude, dans un caractère de cochon, totalement dépressif et alcoolique. Il traverse des années d’errance et de quasi-mort par l’alcool, avec un esprit rempli de rancœur, de colère, de mal-être, devenant asocial.
Pendant toute la BD, Jim Terry reste lucide sur lui-même, sur ses défauts, et déballe tout mais heureusement sans réelle victimisation.
Le récit est parfois trop long, trop étouffant, ou au contraire trop rapide sur certains pans de sa vie, sur certaines personnes mais reste toujours captivant.
Il finit par trouver une sorte de souffle nouveau grâce à un “pèlerinage” à Standing Rock afin de lutter contre la construction d’un oléoduc. Pour la première fois, il se sent réellement connecté à ses racines indiennes et réalise que malgré tous les malheurs, les conversions et les destructions culturelles, l’esprit indien a survécu et survivra toujours.
Il trouve enfin une forme de “maison”, enfin le courage d’ouvrir son cœur.
Ce n’est pas non plus miraculeux, ni une guérison totale, mais un souffle bienvenu dans cette vie et ces addictions chaotiques.
Le dessin sert parfaitement le récit. Il y a cependant beaucoup de name dropping, avec des personnages qui apparaissent puis disparaissent sans vraiment avoir d’épaisseur ou de background.
Mais malgré ses défauts, c’est une lecture à ne pas manquer.
8/10.