Quel plaisir de recroiser cet album pas revu depuis mon enfance et adolescence!
Pire, je constate qu'il me fait encore rire, parfois aux éclats, des rires du ventre et plexus...suis-je donc si bête? Et immature? Sans doute, et c'est pas parce que je le dis, que c'est pas vrai.
Mais c'est aussi une merveille, remplie à ras bord de vannes, gags, comique, surréalisme...
et du meta désormais à la mode et avant l'heure.
Je suis abasourdi que mes parents me laissaient avec lui. Je crois que c'est eux aussi qui m'achetaient même mes magazines Fluide Glacial, avec la complicité de ma chère Marraine.
Je n'ai décidément pas besoin de psy, la relecture de cette BD m'a donné tant de clés de mes raisons d'aimer dans les comédies par exemple les gros nez, les rêve-éveillés, les tétons plus que les seins, les regards caméras...
- je comprends mieux pourquoi j'aime dans les films les regards caméras que je me suis listés sur SC sans me souvenir de ceux des BDs d'Edika: je ne savais encore pas que c'est le brisage du quatrième mur...(voir ma si belle liste sur SC et un sondage encore plus beau, "Les meilleurs films qui brisent le quatrième mur")
- je comprends mieux aussi pourquoi j'aime les expressions et regards sur le côté, notamment des gens à gros nez...comme par exemple, ceux de l'excellent acteur Jeffrey Jones, notamment dans La Folle Journée de Ferris Bueller quand il voit le chien sur le côté ou comme Daniel Auteuil dans Le Placard, quand il met son manteau sur le crochet, il regarde de côté sa collègue qu'il aime (Francis Veber appelle ça, "faire le pigeon")
- je comprends mieux aussi pourquoi j'aime quand des personnages sortent soudain de leurs gonds après des périodes de calme et sérénité...comme un peu Patrice Leconte quand client dans une salle de cinéma polluée par des gens qui parlent ou n'éteignent pas leur portable...il raconte qu'il "dit rien tant qu'il peut puis il explose soudain"...comme ici parfois des personnages d'Edika qui explosent de manière hilarante...veines et yeux gonflés.
- ce que j'aime aussi, ce sont tous les détails du premier plan mais aussi du deuxième, troisième et quatrième...
- je comprends mieux aussi pourquoi j'aime tant les rêves éveillés comme ici l'avant dernière histoire où le papa prétend faire des courses à l'hypermarché où il ne veut pas aller...et où alors toute sa famille jouent le jeu dans une sorte d'improvisation familiale... Vivent les scènes de rêves éveillés.
- je comprends mieux aussi pourquoi j'aime par exemple Black Mirror de Charlie Brooker, avec des gags ici tout aussi surréalistes et visionnaires, qui impliquent des univers parallèles et des sorties de case comme je les aime...j'ai été abasourdi de la scène que j'avais oubliée où le dessinateur sort de chez lui et se retrouve gros nez-à-nez dans la rue avec des personnages dans la position où il vient de les dessiner et les laisser sur sa table...c'est du Michel Gondry!...même s'il y a des couilles poilues visibles...je ne suis pas expert mais c'est aussi quasi du Matrix avec une illustration déjà que la vie réelle serait une simulation, ici par un épatant artiste...
- mon Edika m'illustrait déjà la fameuse Hypothèse de simulation d'un Nick Bostrom (auquel il est fait allusion par Nicolas Cage dans Dream Scenario)
- ...et les "holags des régions roses" lors de la folle scène où l'univers est fait de toilettes volantes, ne seraient ils pas la horde des râleurs et petits censeurs woke qui pourrissent nos vies, débats et médias? ...ils sont ici armés comme une horde dans Mad Max et crient sur et courent après notre héros paisible qui voulait juste faire ses besoins en paix et s'exprimer librement. Toutes ces cabines de toilettes volantes, ces habitats individuels en essaim désorganisé, m'ont fait penser aux granges volantes dans le Magicien d'Oz^^
(à suivre)