Cette BD n'est pas facile à lire en première approche. Mais il est pourtant de très bonne facture. Pour deux raisons.
D'une part, il présuppose pour une bonne compréhension, une connaissance du génocide des tutsi (avril-juin 1994, Rwanda)
D'autre part, le récit alterne régulièrement entre plusieurs périodes : après, avant et pendant le génocide des Tutsi au Rwanda ) sans que les moment de passage soient explicités.
Mais c'est précisement la force de cette BD. Contrairement à d'autres BD il ne s'agit pas d'une vulgarisation des travaux historiques et journalistique sur ce génocide (voir par exemple : Rwanda à la poursuite des génocidaire, ou encore Final Dot, le Genocide des Tutsi), mais bien d'un récit sur un acteur du génocide.
Plus intéressant, ce récit se focalise non sur une victime, mais sur un tueur, mais un tueur "malgré lui" . Et plus précisement, sur l'impact de l'action génocidaire sur la psyché de ce tueur.
Dès lors l'alternance des différentes périodes, mais aussi les différentes obsessions de Deogratias, nous permet de plonger dans un cerveau totalement déstructuré par ce crime des crimes.
En ce sens, ce récit constitue bien "une claque" pour ramener à une réalité hélas trop souvent mécomprise des occidentaux — comme le montre bien l'ensemble des personnages blancs du récit.