Après deux premiers opus baignés d'inceste, de sanglantes vengeances et de rapport au pouvoir, voici une suite qui rehausse un peu le niveau. Les enjeux se font plus clairs au sein de cette lignée maudite. Qui est vraiment ce qu'il paraît être ? Difficile à dire.
Jodorowsky peut parfois donner l'impression de se complaire dans le stupre et la luxure (il a déjà commis quatre tomes de Borgia) et on peut se demander quel est le sens profond de son propos.
Dans ce troisième tome, on commence à y voir plus clair.
Ce qui demeure en revanche exceptionnel, c'est le dessin de Liu. Il maîtrise l'architecture, la mise en couleurs de belle manière et les ambiances crées sont parfois quasi oniriques. Mais que dire de ses représentations anatomiques ? Juste éblouissantes.
L'héritière est une femme de toute beauté, archétype du fantasme de Jodorowsky (et du nôtre, pauvres hommes assujettis aux appâts de la gente féminine) et le bellâtre qui orne la couverture présente une sculpture musculaire digne d'un coureur de 400 mètres aux jeux olympiques (qu'il soit au naturel ou transformé). Au delà de cette plastique de rêve, sa représentation des formes fantomatiques, en particulier au niveau des visages, m'a laissé sans voix. Il est vraiment des dessinateurs dont la main est d'or !
Au final cette série, un peu légère au niveau scénaristique, se trouve exaltée par un dessin des plus exceptionnels !