Cette bande dessinée est une rêverie mise en forme. Dans l'église du village d'Ogliastro, Philippe Donadille est tombé sur une maquette de bâteau, le Djemnah, qui l'a intriguée. Il a contacté Patrice Réglat-Vizzanova, dessinateur de bande dessinée, et ensemble ces deux Corses contrariés ont réalise cette étrange bande dessinée dans laquelle un spécialiste des livres rares, Ange Pizzarti, intrigué par une gravure trouvée dans un livre, va enquêter à Ogliostro sur les traces de la cargaison mystérieuse d'un bâteau qui a coulé. Il rencontre en chemin une mystérieuse Corse au charme capiteux, mais aussi un mystérieux prêtre, les habitants, etc...
Le charme de la bande dessinée repose dans la joie d'enquêter, de reprendre des pistes qui s'étaient arrêtées, de découvrir de nouveaux lieux : une tour ; un tombeau baroque ; la Villa Caracas, une de ces "maisons d'Américains" que faisaient construire les Corses qui avaient fait fortune aux Etats-Unis ; une bergerie où l'on vit des moments intenses... Le plaisir est dans le fait de trouver la clé qui mène à l'étape suivante, le document qui mène au prochain lieu. Et peu importe au fonds que le MacGuffin soit décevant (un manuscrit sur l'Histoire de la Corse écrit par Bonaparte pour Paoli).
Entretemps, on a rencontré des gens ; on a vu par petits bouts ce qui fait le charme de l'île de beauté. Bref, en restant au même endroit, on a voyagé.
Les dialogues sont le point faible, mais sinon l'intrigue est plaisante et le graphisme au fusain est très doux, ensoleillé et agréable.
Pas un incontournable, mais une jolie pépite si vous aimez la Corse.