Après le huis-clos spatial de Leviathan on retrouve Shiro Kuroi pour des aventures sur terre, dans les airs et un peu ailleurs (couloirs, grottes, égouts…) avec Dragon Hunt Tribe où il est question de chasseurs de dragons qui suppriment ces bestioles parce que la coexistence pacifique n’est pas à l’ordre du jour entre ces deux espèces. Pourtant quand Rudora tombe sur une jeune fille élevée par un dragon il y a comme un hic dans le tableau général. En bon chasseur, il capture la môme et va en faire une chasseuse de dragon - il faut bien rentabiliser sa prise, surtout quand on manque de main d’œuvre.
On retrouve donc les logiques d’acculturation, de socialisation à un groupe, d’interrogation sur son identité, le tout sur fond de missions à accomplir, d’amitiés à construire et de méfiance à entretenir. Le manga n’est donc pas là pour révolutionner les codes mais possède son lot de planches agréables à observer.
Il déçoit pourtant sur plusieurs points. L’accélération du dernier tome et ses poncifs du genre ne sont pas du meilleur effet. Tout ça pour ça. De même les scènes d’action souffrent de personnages assez rigides dans leurs mouvements et de combats souvent vite expédiés. De même que certaines intrigues politiques que quelques cases et deus ex machina suffisent à résoudre. Surtout il y a des soucis de proportion et de perspective, notamment concernant un certain dragon… L’intelligence de plusieurs personnages paraît absente, comme s’ils n’étaient là que pour faire avancer l’intrigue le plus simplement possible. On pourrait parler d’emplois fictifs pour certains.
En somme on a connu des chasseurs plus inspirés, des intrigues mieux ficelés. Certes on évite une gentille conclusion sur les humains et dragons main dans la main mais on peine à distinguer ce que l’auteur souhaitait faire : des dragons qui explosent ? Grandir dans un monde instable ? Faire table rase de son passé pour avancer ? Dragon Hunt Tribe se trouve ainsi en équilibre précaire avec un univers trop ou pas assez développé et des personnages dont on peine à saisir les motivations.