Fournier est un bon artisan. Il sut reprendre la série à son compte et s'approprier des personnages, déjà bien macérés (à l'inverse des Nic et Cauvin ou autres Morvan et Munuera) par un Franquin au graphisme plus appliqué.

Là où Fournier sait distiller sa pomme, c'est dans l'utilisation des seconds couteaux. Quand il s'agit d'envahir les cases avec le laïus du maire de Champignac (son personnage favori probablement), il n'a pas son pareil… ou encore de dessiner le brouhaha et la confusion de tout un village (Champignac-en-Cambrousse évidemment) aux visions éthyliques, il sait nous amuser de tout son soûl.
Fournier est surtout bon dans sa folie et sa démesure scénaristique. Il lui importe peu de s'attacher aux raisons du comportement ou de la présence de tout un chacun. Non, il préfère nettement amalgamer un maximum de personnages mineurs, d'aucuns caractérisés par un état d'esprit propice au burlesque ou à l'ironie.

En revanche, c'est ce qui peut aussi le desservir. Pour exemple, le personnage du colonel. Il apparaît comme un piridion fermenté, barbu, le béret coiffé d'une sorte de smiley… une véritable caricature d'un soldat de haut commandement qu'il ne paraît finalement pas être. La sommité est, et restera moqueuse, pourquoi pas ! Il sera à dix-mille vergers de ce qui pourrait être assimilé au rôle d'un colonel de l'armée française, ne serait-ce que satiriquement. On reste circonspect. On se dit que Fournier avait son idée là-dessus, néanmoins, elle est plutôt sibylline pour le lecteur.
Mais bon, ne lui en tenons pas rigueur ! On sent bien que les 44 planches du bon vieux standard imposé ne lui facilitèrent pas le pressurage, ni permirent de mieux développer son intrigue, l'environnement cidro-stellaire, voire même les protagonistes.

Tout se veut risible, malheureusement le sourire s'arrache difficilement, vu que les gags, trop incongrus en règle générale, tombent dans les cuves. L'album vaut tout de même un verre… pour savourer sobrement le cidre en compagnie des extra-terrestres… et pour Spip qui ne laisse pas le buveur indiffégland.
nicersatz
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le 22 janv. 2014

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