J'ai l'impression d'être à rebours des autres avis sur ce livre.
Le point qui saute aux yeux assez rapidement, c'est le détail des paysages, franchement bluffant pour du noir et blanc. Le problème, c'est que le dessin des personnages est assez sommaire et qu'à part l'héroïne, on ne reconnait personne. Le dessin est toujours le même (3x3 cases), à part quelques pages. Sur 400 pages, c'est vite lassant.
Au delà de l'aspect graphique, j'ai l'impression que le livre aborde de nombreux sujets tout en restant à la surface d'à peu près tout, malheureusement. Rien ou presque sur la crise économique qui touche la côte est du Canada qui oblige beaucoup de jeunes à partir. À moins de vivre dans une cave, on sait qu'un groupe majoritairement masculin en vase clos est vite lourd, voire toxique. Les violences sexuelles sont vite évacuées (à mon goût). C'est certainement un choix de l'autrice, c'était peut-être la norme à l'époque, mais ça donne une drôle d'impression. Il y avait un sujet en or, et c'est finalement réduit à quelques cases.
Plus génant, on ne s'attache à personne. Les personnages défilent et se confondent tous. Finalement, le récit est constitué majoritairement de courtes vignettes, sans vraies histoires. Et enfin, on n'en sait pas beaucoup plus sur sables bitumineux. Ils sont là, c'est tout.
Au final, le passage le plus intéressant concerne les peuples autochtone qui subissent de plein fouet les exploitations pétrolières. Mais là encore, c'est vite évacué.
Petite déception pour moi.