Se revendiquer de Twin Peaks, pourquoi pas : Cantwell n'est pas le seul à l'avoir fait. Saint-Elme en France ou Wet Moon au Japon sont deux exemples plutôt réussis qui me viennent à l'esprit. Mais avec son histoire d'hypermarché hypnotique aux relents complotistes et au discours anti-consumériste frontal, Everything évoque aussi certaines œuvres 80s au propos bien moins énigmatique que celui de Lynch, bien plus bourrins : le Romero de Zombie ou le Carpenter de They Live. Le dessin un peu propret, publicitaire et rétro, donne au démarrage de ce puzzle mental quelque chose de sage, dont les trouées fantastiques se révèlent très explicites, pas aussi cryptiques qu'elles pensent l'être. A suivre pour le tome 2 (les deux étant inclus dans le même volume relié en France).
Deuxième tome lu : c'est la dégringolade. Les révélations partent en grand guignol enfantin, semblent ôter toute complexité métaphorique pour arriver à une vile théorie du complot new age prise pour argent comptant. La postface est au fond presque plus intéressante que le propos déployé. 6/10 pour le tome 1, 4/10 pour le tome 2, tout juste la moyenne.