Enfin fini ce pavé, ardu de s'engloutir plus de 3 chapitres par soir tellement ce bouquin est source de bouillonnement. Du coup ben j'ai mis un mois pour le terminer. Sans pour autant décrocher ou perdre le fil.


C'est très difficile de donner un avis arrêté sur ce mastodonte érotique. J'avais beaucoup lu avant de me le procurer comme quoi il était tout sauf excitant. L'effet qu'il a produit sur ma personne est pourtant tout le contraire, j'étais à chacune des pages, en furie. Il est clairement à ne pas mettre en toutes les mains -l'anecdote qu'il était arrivé en tête de gondole à Virgin ne cesse de me faire sourir- mais non pas tant parce que c'est une bédé érotique décomplexée mais plutôt parce qu'à certains moments ça côtoie sans peine les plus scabreuses nouvelles du marquis de Sade. Dans tout ce qu'il y a de plus malsain et de glauque.
Pour ce qui est de l'intrigue on nage en plein tourbillon de références, ces trois filles nourrissent un imaginaire ultra fécond. D'Oscar Wilde à Peter Pan en passant par Oz, Alan Moore donne tout et on se régale à voir certaines icônes annihilées, complètement dépravées dans son hôtel autrichien. Alice shootée à l'opium prise dans une tempête de vagins, esclave d'une baronne d'une lubricité extrême ça n'a pas de prix.
Pour soutenir le récit, la copine d'Alan, Melinda Gebbie offre des dessins a priori innocents. La torgnole n'est que plus forte quand au milieu de ces crayonnés acidulés, surgissent des protubérances de toute sortes. C'est un peu le remake porno d'une pub Haribo.
Le dessin est très souvent approximatif mais l'intérêt se trouve dans les représentations, les jeux de couleurs et surtout l'utilisation du cadre. Certaines pages transpirent la novation et nous convainquent sans peine du fait qu'on est définitivement pas dans une bédé érotique commune.


Au final ce qui me tracasse le plus sur l'ensemble, c'est la très nette baisse de qualité sur la dernière partie, la surenchère de stupre tente de camoufler l'absence de discours. Heureusement Moore se ressaisit et parvient à clôturer de belle manière les 320 pages d'un livre qui marque. Profondément. :trollface:

Hellzed
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le 13 avr. 2013

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