Forever Evil
6.9
Forever Evil

Comics de Geoff Johns et David Finch (2013)

A la sortie de Forever Evil, Geoff Johns était encore le king absolu et incontesté de DC Comics. Il avait tenu la barre pendant les années 2000 aux côtés d'auteurs de renoms dans des sagas fleuves (52, Infinite Crisis, Brightest Day...) et imposé sa patte à un certain nombre de personnages, le plus criant étant Green Lanterns. Lors des News 52, dont il a pu préparer le terrain avec son run flash puis l'event Flashpoint, il a un total contrôle sur la Justice League et à travers elle le destin global de la marque. Et pour moi, ce contrôle culmine avec Forever Evil.


[Déjà dans Darkseid War, on sentira un parfum de fin de règne, et malheureusement DC lui échappera totalement lors de Rebirth, alors même qu'il avait de l'or entre les mains comme il le prouvera lors de Doomsday Clock, oeuvre sublime mais invisibilisé par la continuité.]


Les mains libres, il peut jouer à gogo avec tous ses personnages. Et c'est bien de jeu dont il s'agit, d'un bac à sable grandeur nature, sans aucune note péjoratif dans ce descriptif. Forever Evil est le comics pop-corn par excellence, celui qui nous emporte par sa fougue dans une histoire plus grande que nature, où les super-pouvoirs se déchaînent, les retournements de situation impressionnent, et l'exercice de style est un sans-faute de divertissement (la partie monde inversé est vraiment jouissif dans un pure plaisir coupable de comics).


Forever Evil est aussi la meilleur histoire de super-héros dans laquelle les héros ne servent à rien (allez, mettons exception de Cyborg qui s'en sort comme un grand) tout simplement car ils sont sur la touche d'entrée de jeu, ridiculisés, emprisonnés, battus à plat de couture par leurs versions maléfiques, tordues, inversés de Terre 3. Qui pour les remplacer, qui pour sauver le monde alors ?


Forever Evil est l'histoire de super-héros où un homme seul se dresse et décide de sauver le monde. Pas parce qu'il a bon fond, pas parce qu'il veut être un héros, tout simplement car il faut bien que quelqu'un s'en charge. Et aussi car cela permet à Lex Luthor de prouver qu'il avait toujours eu raison face à Superman. C'est son event, son moment, son histoire épique. Luthor brille de mille feux. Un super-vilain ? C'est un salopard sans scrupules, menteur manipulateur, tueur de sang froid comme le montre diverses scènes. Un super-héros ? Il réunit une équipe, sauve le monde, agit de concert avec Batman quand nécessaire, puis réalise une opération chirurgical sur Superman. En vérité ni l'un ni l'autre, un homme sans pouvoir - autre que la richesse et son intellect - et un homme dont les contradictions sont magnifiquement soulignés dans ses interactions avec B-Zero. C'est ce lien entre les deux qui m'a profondément marqué et que je ne pourrai jamais oublié. Autant dire que la pâle relation du film Superman de 2025 m'a profondément déçu mais je m'égare.


Parmi les autres personnages qui prennent un peu de lumière, on peut citer Owlman, Captain Cold, Cyborg et dans une moindre mesure Black Adam. Ultraman est un bon méchant mais trop basique pour vraiment marquer au-delà de l'inversion complète en laquelle il consiste.


Si Forever Evil peut vraiment s'apprécier en one-shot (n'ayant pas tant de comics DC dans ma bibliothèque, c'est ainsi que je le relis), il s'insère à merveille dans le run Justice League de Geoff Johns et plus généralement son travail titanesque dans l'écurie de l'éditeur. Point culminant de toutes les intrigues JL précédentes durant les news 52, il ouvre la porte à tous les événements à venir : Jessica et l'anneau de Power Ring (teasée depuis le run GL de Geoff Johns), Lex et Cold qui rejoignent la ligue, et évidemment la préparation de la Darkseid War. Immanquablement je tombe d'ailleurs dans le panneau en étant persuadé que la déchirure rouge est liée à Darkseid et que le tyran d'Apokolips est responsable de la destruction de Terre 3. Le coup de chapeau final réussit à me surprendre et, un sourire aux lèvres, je referme l'album.

WeaponX
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