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Rires contagieux
Il faut savoir rire de tout. Geluck s'empare de cet adage et le tourne dans tous les sens, dans sa nouvelle BD. Inégalités sociales, violences faites aux femmes, politique, écologie, etc. : Geluck...
le 15 oct. 2018
Des gens que j’aime m’ont offert le livre, alors je ne voudrais pas cracher dans la soupe. Mais j’ai du mal avec l’humour de Geluck, même si ce volume reste une réussite par rapport aux souvenirs que je garde de la série le Chat : elle me semble être devenue incroyablement paresseuse après les deux ou trois premiers albums – et ce ne sont pas quelques feuilletages en librairie qui m’ont fait changer d’avis.
La quatrième de couverture, pourtant censée attirer l’acheteur, donne une idée des limites de Geluck pète les plombs. Je veux bien admettre, et encore sans y mettre ma main à couper, qu’elle joue sur l’outrance et le second second degré – « le tonitruant dernier volet de la trilogie »… Mais je crains que quelque chose ait échappé à son rédacteur dans la première phrase : « Geluck n’en peut plus de l’intolérance, des violences faites aux femmes, de la dégradation de l’environnement et du politiquement correct ».
Donc en 2018, le politiquement incorrect consisterait à discriminer tout ce qui bouge, à se conduire en misogyne violent et à polluer à tire-larigot ? Ça me conforte dans l’idée que cette notion de politiquement correct n’a aucun sens en tant que telle, servant principalement à discréditer l’adversaire dans ce qui tient lieu de débats vaguement politiques, quelles que soient les idées qu’on défend.
Ceci dit, je ne voudrais pas donner un ton trop gravement idéologique à une critique qui porte avant tout sur un livre d’humour. Le reproche que je fais à Geluck pète les plombs, c’est de n’être que très rarement drôle.
Pour se faire une idée du niveau moyen des dessins du volume, – à deux ou trois exceptions près, quand l’humour est délibérément noir, – on jettera un œil sur la couverture. On y voit l’auteur, une main sur l’épaule de son personnage du Chat comme s’il s’agissait d’un otage, lui braquer un pistolet sur la tempe. Tiens, non ! Ce n’est pas un pistolet ! c’est une banane !… Et apparemment, c’est drôle.
Les textes sont du même tonneau, mais on trouve ici ou là une perle, un trait percutant, voire quelques lignes drôles ; comme si ce qui m’y avait fait sourire dans Geluck pète les plombs, et rire à une ou deux reprises, était précisément ce qui avait échappé à l’auteur. C’est toujours gênant.
Créée
le 11 janv. 2019
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