Un excellent soldat et tireur à l'armée; un excellent boucher et vampire dans la vraie vie.
Cela pourrait être une affiche de film à succès jouant sur les codes du suspens et sur les fantasmes presque culpabilisants des spectateurs autour des histoires criminelles les plus connues.
Seulement, c'est une bande dessinée tout à fait sanglante que nous avons là qui retrace la véritable histoire du tueur en série Fritz Haarmann dans la ville d'Hanovre. Au delà des erreurs scientifiques de diagnostics sur son cas, c'est un homme malade, mais un homme avant tout. Cette dimension plus humaine de Fritz se retrouve dans les dialogues de Peer Meter qui fait d'Haarmann un homme bien portant à la réputation soignée en journée mais terrifiante le soir venu.
C'est par la corrélation des dessins d'Isabel Kreitz et son crayonné saturé et noir que les traces de sang et d'effroi qui constituaient le quotidien d'Haarmann se traduisent sans être montrés.
Nous avons à faire à un rythme insoutenable imposé par l'histoire qui mène la danse sur cette enquête qui tarde à trouver son coupable. Un rythme; une énergie parfaitement canalisée et équilibrée par les dessins travaillés de rues, d'architecture.
Une énergie également contre-balancée par l'alternance entre plan général et gros plan et de par les dialogues qui incitent malicieusement à tourner la page encore et encore et ce jusqu'à la fin !