Winshluss nous sort sa rubrique-à-brac
On était décemment en droit d'attendre davantage du génial auteur de Pinocchio que cette succession de variations plus ou moins drôles autour de la Bible.
Tout commence pourtant bien avec cette Genèse revisitée en ouverture : Winshluss prend le temps de traiter un pan entier de la Bible avec un humour acidulé et absurde qui fait mouche.
Mais la suite tourne trop rapidement en une succession décousue de saynètes que Saint-Jacky, personnage inventé par l'auteur pour créer du liant entre les histoires, a bien du mal à dissimuler. Ce petit personnage, rarement drôle, tient en effet un rôle de narrateur qui vient divertir la galerie entre 2 scènes pour nous faire oublier qu'elle n'est pas traitée chronologiquement ou sous un quelconque angle logique. Non, Winshluss tombe rapidement dans les affres de la facilité avec des petites blagues rapiécées, allant même chercher dans les registres ô combien éculés de la pédophilie des prêtes ou des jeux de mots mille fois entendus (les voies du seigneur sont impénétrables et compagnie...).
On rit en lisant cet ouvrage, mais il y avait sans doute matière à être plus cohérent et inventif en gardant la trame chronologique de la Bible et en la réinventant page après page en assumant les partis pris du début de l'ouvrage pour qu'ils aient des répercussions sur tout le traitement de la suite de la Bible.
On tombe malheureusement ici dans le rubrique-à-brac, rafistolé pour donner l'illusion qu'on nous raconte une histoire qui se tient.
Dommage.