Ce qui frappe lorsqu'on lit Invincible, c'est ce choix de l'épure : cela passe d'abord par les dessins, qui s'affranchissent de lourdeurs dans les détails pour préférer des lignes simples et efficaces, mettant ainsi souvent de côté les arrières-plans, réduits à de simples monochromes. Les scènes d'action se limitent à quelques cases, suffisantes pour comprendre ce qu'il se passe, et en dehors des quelques expositions certes bavardes mais nécessaires (notamment ce qui est relatif au passé d'Omni-Man), cela se poursuit aussi dans le récit : dès que Mark a accès à ses pouvoirs, il devient Invincible. On ne veut pas perdre de temps dans des pages dédiées à un entraînement quelconque parce que le gain en puissance du héros se ressent à travers ses aventures. Cela marche aussi pour les relations entre les personnages : on ressent l'attirance de Mark pour Eve à l'aide de quelques détails et certains choix de dialogues permettent de donner une personnalité propre et clairement identifiée aux différents personnages.
Enfin, cette épure prend son sens lorsqu'ont lieu les révélations importantes : le dessin prend alors route la page pour laisser place à la brutalité de l'annonce, frappant ainsi le lecteur qui n'a alors qu'une seule envie : dévorer la suite de la série.