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le 18 juil. 2015
SuivreLe daron de la drogue
En dépit de tout le bien que je lisais ou entendais de toutes parts sur la série, c’est suite à la lecture, il y a presque deux ans, de la fameuse lettre totalement élogieuse d’Anthony Hopkins...
Ayant récemment fini tout le long run de Mike Carey sur Hellblazer, j'ai cherché d'autres albums dont les histoires ne s'étendraient pas sur plusieurs tomes, et accessoirement sur lesquels Lee Bermejo avait travaillé (en dédicace le week-end prochain à Paris comics expo, tout ça...)
J'ai opté pour Scab, sans savoir ce que ça valait, ni ce que valait son auteur, Peter Milligan.
Cet album réunit les numéros 250 à 255 d'Hellblazer, ce qui correspond au début du travail de Milligan sur cette série, dont il est resté l'auteur jusqu'à la fin. Je ne l'ai découvert que récemment, mais Hellblazer s'est arrêté au numéro 300...
Paradoxalement, John paraît peut-être plus jeune que jamais. C'est en raison du dessin, mais aussi les situations dans lesquelles il se trouve. Ca doit être la première fois que je le vois flirter comme... le ferait un jeune homme ordinaire. Chez lui, sur le sofa avec une jolie fille, un verre de vin à la main. C'est anodin, mais c'est pas une situation dans laquelle j'imaginais John, c'est pas ainsi que j'imaginais son processus de séduction.
Par ailleurs, on croirait que la fille, Phoebe, est un personnage qui était déjà présent dans le comic, alors qu'elle est créée pour l'occasion. Mais John évoque ses pouvoirs, ses coups de pute, et son sang de démon, sans que ça la dérange nullement.
Peut-être que Milligan avait juste besoin d'un tel personnage pour son histoire, quelqu'un à qui John Constantine tient et qui, par ailleurs, est médecin, mais ça fait se poser pleins de questions au lecteur : comment ils se sont rencontrés, comment ils en sont arrivés à ce niveau de confiance ?
Jusque là j’avais toujours vu le héros avec des filles qui faisaient déjà partie de son univers et/ou avaient la même personnalité.
Et du coup là, j’ai l’impression de ne pas retrouver le même John Constantine. Ce n’est pas une trahison du personnage non plus, mais une version un peu moins marginale.
Leur rencard est interrompu quand le magicien découvre une énorme croûte qui se développe sur son torse. Et qui obtient même une vie propre, à terme.
Ca ne ressemble à rien que John connaisse, et serait lié à un événement de son passé, sans qu’il sache exactement en quoi.
La révélation est finalement un peu décevante, parce que c’est beaucoup moins complexe que ce qu’on nous laissait imaginer.
L’écriture n’est pas mauvaise, mais c’est un cran en-dessous par rapport à Carey.
Je n’aime pas trop le dessin de Giuseppe Camuncoli non plus, c’est beaucoup trop lisse. Pas tant en raison des traits que les surfaces sans détails. Et la colorisation fait trop clairement numérique, avec ses dégradés cheaps.
L’album est suivi de l’histoire "Regeneration", qui est la suite directe.
La relation entre John et Phoebe arrive déjà à sa fin, parce qu’ils sont de "mondes différents". Au moins, ils en sont conscients.
John est assailli par des flashbacks d’un médecin de peste du 17ème siècle, qui a fait du chantage à une famille de pauvres contre la promesse de certificats de santé.
On trouve dans cette histoire un peu de la noirceur que j’aime dans Hellblazer.
Comme dans l’histoire précédente, Peter Milligan cherche à lier cet événement du passé au présent, où des gens protestant contre des travaux pour les JO à Londres ont pris pour logo un masque de médecin de peste.
On découvre Emil, qui était évoqué dans l’histoire d’avant, mais qui est également un nouveau personnage… même si on fait comme si John le connaissait depuis longtemps. Encore plus que pour Phoebe, on sent qu’il a été créé pour correspondre aux besoins de l’histoire : c’est un journaliste et auteur, riche, et impliqué politiquement. Là aussi, pas le genre de personne qu’on imagine auprès de John Constantine.
Emil a écrit sur la peste, et fait un parallèle très bancal avec les Jeux Olympiques aujourd’hui, juste sous prétexte que dans les deux cas, les pauvres souffrent. Mais dans l’un, on empêchait les gens de partir, dans l’autre, on les vire de force pour construire des stades.
C’est trop facile, de créer tous ces personnages et événements d’un coup, juste pour les faire coïncider. On ne peut pas dire que l’écriture soit tellement pensée.
C’est aussi dans cette histoire que j’ai ressenti que le cynisme habituel de Constantine me manquait, il fait juste des petits blagues faciles.
En revanche, j’aime beaucoup plus le dessin. Ca ressemble un peu à du Steve Dillon, et les traits sont toujours lisses, mais il y a plus d’ombres, qui donnent plus de caractère aux images.
L’album se termine sur une histoire de Noël très courte, que j’avais déjà lue dans l’album "Shoot". Pas terrible, trop succincte pour traiter correctement l’histoire et surtout les réactions des personnages, qui s’en retrouvent expédiés.
Scab n’est pas un mauvais album, mais j’espère quand même que ça s’améliore dans les suivants. Qu’Hellblazer ne se soit pas fini dans la médiocrité…
Créée
le 11 avr. 2016
Critique lue 159 fois
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le 18 juil. 2015
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