Si le fond (un photographe envoyé livrer un reportage sur les conditions de vie liées au Dust bowl en 1937) est un sujet intéressant nous rapprochant des écrits de Steinbeck (« Les raisins de la colère »), la forme est plus discutable. Aimée de Jongh privilégie l'introspection et une certaine naïveté bienveillante, au détriment d'un réalisme pur et dur : la crasse, la misère et la pauvreté ne sont pas excessivement accentuées. Le sable et le vent sont certes représentés à proprement parler, mais la poussière insidieuse laisse peu de stigmates : les visages sont certes un peu fatigués, mais lisses, nets et non marqués ou burinés...Ce qui limite à mon (humble) avis le ressenti à la lecture. Il n'en demeure pas moins un assez bon album, solidement documenté et sur lequel souffle le sirocco.