Kamichu!
6.7
Kamichu!

Manga de Naruko Hanaharu (2010)

Kamichu est la contraction de « kami » (dieu en japonais) et « chugakusei » (collégienne), ce qui reflète bien le titre puisque l'on va suivre les péripéties d'une collégienne nouvellement déesse.
Kamichu est la formule qu'elle va utiliser pour essayer d'appeler ses pouvoirs.

Ce manga raconte donc l'histoire d'une jeune collégienne Yurie Hitotsubachi qui du jour au lendemain devient une déesse. Elle va essayer de savoir de quoi elle est une déesse. On va suivre ses histoires où elle va rencontrer des êtres tantôt étranges et fascinants, tantôt poétiques, tantôt attachants; humains ou divinités.

L'entrée en matière est rapide et déroutante. Au bout de deux pages on sait que Yurie est une déesse, et au bout de 5 tout le monde le sait.

Ne cherchez pas à savoir pourquoi Yurie, comment elle sait que c'est une déesse, pourquoi elle devient une déesse, pourquoi tous semblent l'accepter sans se poser de questions comme si c'était naturel; vous n'aurez pas la réponse et ça ne sera même pas abordé.

Honnêtement c'est assez perturbant.J'ai l'habitude de me poser des questions et de comprendre le pourquoi du comment. Or ici, ce n'est pas faisable. Il faut simplement accepter cela comme une évidence et ne pas chercher à comprendre. Ce « détail » sert juste de point de départ pour narrer différentes histoires.

L'intérêt du manga ne réside pas dans l'explication des pouvoirs et du statut de l'héroïne mais plus dans ses aventures « mignonnettes ».

Une fois ce postulat accepté, on se retrouve devant un titre frais, chaleureux et mignon. C'est un moment de lecture, qui procure, au lecteur, sérénité et zen attitude.

Tout cela vient des personnages simples, bons et attachants, Yurie en tête. Cette apprentie déesse, un peu naïve, réservée et plein de bonne volonté, est un bol d'air frais à elle seul. C'est très agréable de la suivre dans ses péripéties, de la voir essayer de trouver quelle déesse elle est ou de la voir tenter de réaliser une prière.

Les personnages secondaires sont tout aussi rafraichissants, que se soit la pétillante Matsuri s'occupant du temple, ou encore la plus réservée Mitsue, meilleure amie de Yurie, mais également d'autres divinités comme Yashima ou le dieu de la pauvreté.

Les autres dieux sont omniprésents et se matérialisent régulièrement. Il est d'ailleurs très amusant de voir leur représentation et de voir quel type de Dieu ils sont. C'est souvent étonnant. Cette présence donne ce coté folklorique et féérique du titre.

Malheureusement, ce manga n'est pas simple d'accès pour nous autres occidentaux. La religion animiste shintô est omniprésente et peut perturber, tant elle diffère de notre culture religieuse judéo-chrétienne. On sent vraiment qu'on baigne dans une culture qui nous est inconnue entre la présence de Dieux pour des objets, les temples, les différents rites et pratiques, comme le tirage de bâtonnet ou l'inscription de vœux...

Toutes ces références peuvent déconcerter.

Le trait de Hanaharu Naruko est très mignon (normal c'est le but du titre) mélangeant rondeur et précision. Le charadesign paraît un peu enfantin car il joue beaucoup sur les rondeurs. Néanmoins, les visages se différencient bien et sont expressifs. Le reste est très précis et assez réaliste. Nous avons le droit à de belles planches, avec de beaux décors et un cadrage efficace (très classique quand même).

A noter qu'il y a pas mal d'utilisation du tramage mais qui est bien géré. Il donne des motif, des dégradés et de la texture aux décors ou vêtements. C'est très discret et s'incorpore bien.

Tout cela contribue à donner cette atmosphère si zen. Le rythme aide aussi à cela en alternant moments calmes, passages humoristiques, rencontres et des scènes plus dynamiques.

L'édition est de qualité avec un lettrage et une adaptation graphiques très bons, notamment sur les calligraphies. J'aime également beaucoup la couverture tout en simplicité mais pourtant très détaillé.

Pour conclure, si on accepte le point de départ, un peu déstabilisant, Kamichu! se révèle être une agréable lecture, un instant de calme et de poésie dans un monde brute. Grâce aux personnages, à la patte graphique du mangaka, au scénario, et à l'univers, la lecture se montre reposante, contemplative et zen. C'est frais, folklorique et rafraichissant mais surtout sympathique.

Tout est mignon et ce premier volume fait une bonne impression. Ça change des lectures habituelles. Il serait dommage de passer à coté d'un titre si différent, surtout quand on sait qu'il n'y a que deux volumes à Kamichu!
Kameyoko
6
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le 13 déc. 2010

Critique lue 289 fois

Kameyoko

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