Il fallait un dessinateur vraiment doué pour animer cette histoire hautement littéraire, fourmillant de termes de marine un peu abscons, et lui donner corps de si belle façon. Au point qu'on finit par s'en balancer un peu de la langue foisonnante de Sue, plutôt poétique, pour scruter les vignettes à la loupe et se repaitre de détails saisissants dans le même temps que d'ambiances atmosphériques qui ne sont pas sans rappeler les aquarelles d'Emmanuel Lepage. La référence n'est pas infamante, d'autant que le dessinateur, rencontré le week-end dernier à la deuxième édition du festival l'Affaire Tonnerresol à Tonnerre, est un tout jeune italien aux manières timides, à qui on promet de belles heures à venir, à coup sûr. Il n'a utilisé ici que de l'encre de Chine, mais, franchement, il n'avait besoin de rien de plus.