Un trait classique mais agréable pour un sujet qui pourrait sembler anodin : Un camp de gitan situé en bordure d'un camp militaire et la population suivie du point de vue du dessinateur, jusqu'à l'expulsion, le relogement et la nouvelle vie. Une histoire classique, très personnelle donc universelle entre racines et résignation.
Le positionnement de l'observateur en terrain non hostile mais pas spécialement ouvert non plus nous pose directement entre un Joe Sacco (l'auteur des BD de zone de guerre) et un Christophe Blain (qui de Passard à Depardieu nous montre que les coups de feu se passent aussi en cuisine). Finalement, pas son côté documentaire personnalisé, c'est une sorte de reportage à la Florence Aubenas que l'on a affaire, très détaillé mais incomplet, présentant sans juger mais en laissant une large place au subjectif.
C'est un équilibre délicat, qui est ici plutôt bien maitrisé. On suit donc sans peine les aventures de ce camps, ses doutes et l'histoire qu'il transporte. La fin se laisse sans grande leçons, montrant l'ambivalence de l'auteur, toute humaine, et c'est plutôt un bon point.