Je découvre Bishop avec ce qui est visiblement le troisième tome informel d'une trilogie de l'enfance - et me pencherai donc avec attrait vers les deux premiers... L'Enfantôme comme son titre collage l'indique un peu, fusionne les genres (un style difficilement identifiable, entre bédé, manga arty et comics underground, un peu quelque part entre Sattouf, l'auteur de Spiral/Ultra Heathen et Charles Burns). On y mêle considérations intimes, possiblement autofictionnelles, avec des marqueurs générationnels qui sont aussi les miens (FF7 & MGS sur Ps One, Qui veut gagner des millions, la découverte des mangas, le Nokia 3310) mais un glissement assez rapide vers l’exubérance du fantastique (l'attitude démoniaque étrange des parents comme du proviseur), mélange humour absurde, ambiance glauque et trouée scénaristiques incongrues. La morale finale, trouvant son bonheur dans le repli institutionnel et la folie, l'imaginaire co-construit est à rebours de toutes les morales classiques.