Je ne connais pas particulièrement les auteurs. L'objectif est donc de retracer l'histoire de la cuisine, depuis sa genèse jusqu'à aujourd'hui. Avec quelques grandes étapes : la cuisine des premiers hommes, celle des premiers royaumes sédentaires, celle des premiers empires (avec les foyers chinois et méso-américains), celle du Moyen Âge occidental, celle de l'Orient médiéval, celle de la Renaissance, celle de l'ouverture atlantique, celle de la globalisation à partir du XIXe avec l'arrivée de l'agroindustrie, enfin les tentatives de réaction.
Globalement on observe une opposition durable entre plats très travaillés et retour à une cuisine simple et locale, en des mouvements chroniques de balanciers.
L'ensemble est assez étouffe-chrétien, avec une longue théorie (au sens ancien de "procession") d'ingrédients et de mets, avec des parallèles avec notre époque qui me semblent assez rapides. C'est assez lassant. N'y avait-il pas moyen de rendre cela plus digeste ? Surtout, les principales références qui reviennent sont Ariès et Attali, alors qu'il y avait sans doute moyen de creuser davantage.
Les blagues sont un peu nulles, la représentation des non-Européens est assez stéréotypée (le cuisinier mésopotamien ressemble à Amonbofis dans Asterix et Cléopâtre, et ce n'est pas le pire exemple), et surtout je trouve le découpage assez inefficace : parfois on se retrouve d'abord à lire une bulle, puis le carton qui permet de comprendre la blague dans la bulle. Il faut revoir la manière de composer une page.
Ce n'est pas une honte, mais ce n'est pas un chef d'oeuvre non plus.