Un jeune peintre voyage au gré de son inspiration pour exercer son art. Un jour, un orage le pousse à trouver refuge dans un vieux temple abandonné. Là, il découvre matière à dessiner, mais également un étrange aventurier solitaire. Et, la nuit, une irrésistible jeune fille lui rend visite…
Nie Chongrui adapte en bande dessinée l’un des contes du célèbre recueil Liaozhai zhiyi datant du XVII ème siècle. Tracé à l’encre de Chine, l’artiste déploie tout son talent pour faire ressortir les détails grâce à une grande maîtrise des contrastes. Son trait caricatural n’en reste pas moins réaliste, et les pages dévoilent de véritables tableaux comme la vue aérienne du temple ou le mariage. Les cadrages sont également intéressants, avec des contre-plongées loufoques ou des zooms sur plusieurs cases. Les visages, très expressifs, montrent toute une gamme d’émotions ainsi que de caractères, mais le trait reste résolument humoristique. Même la méchante est ridicule malgré sa dangerosité.
L’histoire est connue, conventionnelle donc, mais tournée de manière intéressante. La plongée dans le folklore chinois est passionnante et la chute peut surprendre pour qui n’est pas familier avec la notion asiatique des fantômes. À noter que cette adaptation est assez différente du film sorti en 1987, Histoire de fantômes chinois.
La belle du temple hanté est une magnifique œuvre d’art graphique doublée d’une immersion dans la culture chinoise. Le talentueux Nie Chongrui s’en donne à cœur joie et c’est un plaisir de suivre les péripéties de son peintre. À savourer.