La Brigade chimérique : Intégrale par YannDécombaz
J’ai bouffé des comics ricain à toutes les sauces : BD, Films, Jeux Vidéo, et je trouve étonnant de n’avoir encore pas vu d’adaptation de « La Brigade Chimérique » tellement cette BD de « super-héros » (après-tout, ils ont des superpouvoirs) souffle un vent frais sur le genre.
Le genre, quel est-il d’ailleurs ? Ni vraiment super-héroïque, ni vraiment dramatique, Les Brigades ne sont pas « noir » sans pourtant laisser de grands espoirs, traduisant un contexte géopolitique complexe dans un univers de radium, de surhommes et d’avancées technologiques. On parle de « radium-punk », le fils bâtard du steam-punk et du noir, cousin germain des comics élevé loin de ses parents par son oncle, « Un sac de billes » de Josef Joffo.
La Brigade chimérique m’a pris aux tripes, du début à la fin, sans discontinuer. D’abord pour son style graphique… particulier. Ensuite, pour la faculté des auteurs à exploiter une époque sombre dont tous connaissent la terrible fin sans jamais tomber dans le vulgaire et le larmoyant. Les personnages sont tout en teintes de gris, évoluant au fils des pages, tantôt lâches, tantôt obséquieux, tantôt héroïques, mais sans jamais tomber dans le si facile manichéens.
Il n’y a pas réellement de gentils ou de méchants. Bien que Mabuse (incarnation de la folie d’Hitler) et son gang soient les salopards de l’histoire, tous les autres personnages ont cette lâcheté humaine que l’on aime détester. Il est intéressant aussi de se demander qui est le quatrième membre du groupe de Mabuse, et ce qu’il est devenu, pour approfondir encore un peu cette impression de contraste par rapport à de nombreuses autres œuvres de « super-héros ».
S’il fallait lui trouver des défauts, je parlerais du découpage chaotique qui demande une attention de tous les instants afin de ne pas perdre le fil et la sous-exploitation d’autres thèmes d’époque que la guerre imminente.
Mais cette dernière image, grand Dieu, cette dernière case hantera mes cauchemars encore de très longues nuits, glacé dans mon lit à trembler de cette représentation de la folie humaine au travers d’un univers qui la magnifie.