Quand un oiseau rêve de décrocher la lune et touche nos cœurs en plein vol

Avec La Danse des petits papiers, premier tome de la série Abélard, Régis Hautière, Renaud Dillies et Christophe Bouchard nous invitent à une fable poétique où un petit oiseau en quête d’un grand amour nous emmène dans une odyssée tendre, mélancolique, et incroyablement humaine. Oui, même pour un passereau.


Abélard est un canari au chapeau magique (littéralement) qui émet des pensées philosophiques et des proverbes absurdes. Un jour, il tombe amoureux d’une femme qu’il croise par hasard et décide de partir à la conquête de son cœur… en montant sur la Lune. Rien que ça. Mais le monde n’est pas tendre avec les rêveurs, et Abélard, tout optimiste qu’il soit, devra affronter une réalité parfois cruelle.


L’écriture de Régis Hautière est un savant mélange de poésie et d’humour subtil. Les dialogues, empreints d’innocence et de sagesse, résonnent comme des comptines tristes qui font sourire. L’histoire avance à petits pas, comme un marcheur contemplatif qui s’émerveille devant chaque détail du paysage. Et même si le récit ne manque pas de drames, il les traite avec une légèreté qui évite toute lourdeur.


Graphiquement, Renaud Dillies livre des planches dignes d’un conte de fées mélancolique. Son trait doux, ses personnages anthropomorphes et ses décors bucoliques forment un univers chaleureux et nostalgique, qui donne envie de se blottir avec un chocolat chaud et de tout laisser tomber pour suivre Abélard. La palette de couleurs, tout en tons chauds et pastels, contribue à cette atmosphère unique, oscillant entre rêve et réalité.


Mais attention, sous son apparence de fable mignonne, La Danse des petits papiers explore des thèmes profonds comme la solitude, la quête de sens, et la brutalité du monde. Ce contraste entre la naïveté d’Abélard et la dureté de son voyage nous touche en plein cœur, laissant une marque douce-amère.


En résumé, La Danse des petits papiers est une œuvre d’une rare sensibilité, qui nous rappelle que les plus grands voyages commencent par les rêves les plus fous. Un bijou poétique pour tous ceux qui savent que, même si la vie est dure, elle vaut toujours la peine d’être vécue avec un chapeau qui pense.

CinephageAiguise
8

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le 20 janv. 2025

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