Un phénomène mystique frappe le campement indien dans lequel Esprit du Vent séjourne. Ce signe indéniable amène les tribus à danser autour d’un puissant chaman qui a eu une vision. Mais, derrière le mysticisme se tapit parfois la manipulation.
Deuxième épisode du western mystique de Gianfranco Manfredi et Pasquale Frisenda, La danse des spectres met l’accent sur les croyances indiennes ainsi que sur le surnaturel.
L’histoire ne tranche malheureusement pas franchement entre le fantastique et le matérialisme et laisse du coup le lecteur dubitatif : est-ce que les chamans sont réellement guidés vers d’autres plans, ou toutes ces visions ne sont-elles que des introspections thérapeutiques à la portée uniquement psychologique ? Cette absence de décision, si elle entretient un flou artistique qui offre matière à de nombreux épisodes, peut devenir vite lassante. En effet, sans tomber dans la caricature des boules de feu, foudres et autres souhaits majeurs, un poil de paranormal avéré serait bienvenu. J’attends donc les prochains tomes pour voir si le genre est enfin décidé.
Le scénario n’en reste pas moins passionnant, avec les hésitations d’hommes laissés seuls face à leurs décisions, et devant de surcroît affronter une véritable haine à leur égard. Comme toujours, le trait réaliste de Pasquale Frisenda offre des scènes saisissantes et d’une grande clarté de lecture. De nombreuses informations sont manquantes, et seront, je le suppose, explicitées dans les prochains tomes.
La danse des spectres est passionnant, magnifique, mais scénaristiquement flou. Cet épisode surfe sur l’ambiguïté de son monde et manipule trop d’informations ignorées par le lecteur. Par ailleurs, la fin est abrupte et laisse plusieurs questions en suspens. C’est dommage, on a l’impression de lire un magazine de comics en ayant raté le numéro précédent. J’espère que toutes ces lacunes seront comblées dans les prochains tomes. En attendant, cet album reste d’une très belle facture et se savourera pour tous les amateurs de BD et de dessin.