Je fais partie de ceux qui auraient préféré voir la série se terminer avec René Goscinny sinon au risque de la voir perdre son identité au fil des nouveaux albums, chaque nouvelle albums se ressentant de moins en moins personnel.


Astérix était selon moi propre à son époque de création et avait déjà abordé des thèmes ancré dans le contexte historique des années 60-70. Si je dis ça c'est parce que la fille de Vercingétorix se ressent comme une redite de Goudurix du neuvième album concernant l'écart des générations.


A la différence que si Goudurix était un échantillon de la jeunesse de Mai 68, libertaire, végétarien, pacifiste et paresseux, la fille de Vercingétorix est une représentation de la génération année 2000, plus retranchée, anti-système et réfractaire.


Et très honnêtement, ce thème aurait pu apporter un bon message sur une jeunesse qui a brisé tout un système de moral que l'ancienne génération avait construit, si cela ne créait alors pas une dissonance avec les personnages originaux de la BD, devenus bien trop vieux par rapport aux messages amené.


Si Goudurix est confronté dès ses débuts à une rééducation des plus strict où il y apprend les valeurs du combat, la fille de Vercingétorix se contente de valdinguer de camp en camp et laissant contre son gré Astérix et Obélix la sauver constamment, ne contribuant quasi en rien à son développement.


Là où Goudurix suit un arc narratif concret, la fille de Vercingétorix reste au même point de départ, la moral lui donnant même raison à la fin, selon quoi "toujours résister" signifie également de résister au camp cherchant à la protéger.
Nos héros mornes la laissent ainsi s’enfuir sans jamais qu'elle n'apprenne à se défendre ni à réfléchir de ses actes, comptant uniquement sur un amant sortie de nulle-part vers un eldorado accompagné de ses quatre enfants, tous d'ethnies différentes.


Je ne sais toujours pas comment lire cette fin de manière sérieuse.


En soit pas un épisode détestable, surtout comparé aux messages de précédant albums (même de la période Goscinny), mais d'une morale naïve qui ne ressemble pas à la justesse des meilleurs originaux. J'aurais au moins aimé qu'Astérix et Obélix aient plus de présence dans cette histoire.

Resto
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le 3 nov. 2019

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