Hannah, une cadre sup quinquagénaire responsable des flux de la gare centrale d'une métropole flashe sur Adam, un musicos. Pour éviter qu'il parte et que, de désespoir, elle sombre en dépression et avec elle la gare, sa responsable trafique le passeport d'Adam pour le retenir. Les amants roucoulent. Hannah détruit l'objet de son amour en le gâtant, en le coupant de son milieu. OIsifs, déresponsabilisés, ils laissent la gare partir à vau-l'eau : les étages inférieurs sombrent dans la saleté et l'insécurité, les trains n'arrivent plus à l'heure. La CGT s'en mêle : la répression frappe, et tout le monde est content.
Il y a des caméos de gens connus, par exemple DSK. Le livre fait pas mal d'allusion au contexte ultrasécuritaire dans lequel nous visons, avec une tentative de message sur les élites déconnectées.
Il n'en reste pas moins que le titre est assez mensonger. De la gare, au fonds, il est peu question. C'est sur cette romance égoïste entre une cadre sup' et un musicien qu'on s'attarde, et ce n'est pas très intéressant.
Il y a un travail de composition de la page, qui lui est brillant. Mais l'ouvrage aurait gagné à avoir un vrai scénariste/dialoguiste. Il reste le charme propre à un ouvrage fait avec passion et créativité. Mais le propos n'est pas assez resserré.