Entre les remarques moqueuses de ses parents (« J’pense que t’as assez mangé, Marie-Noëlle » lui dit son père à table, « Rentre ton ventre. » lui ordonne sa mère) et de ses camarades de classe, Marie-Noëlle déteste son corps (« Je veux crier, me libérer de ce maudit corps. Me libérer de moi. », écrit-elle à la page 71). Elle rêve d’être mince et jolie et que le garçon dont elle est amoureuse la regarde enfin. Marie-Noëlle Hébert nous fait vivre le mépris des sorties dans les boutiques de vêtements pour trouver des habits à sa taille, les paquets de chips dévorés et jetés discrètement, la mort de son cousin préféré, le sport, les critiques, le rejet, le mépris, la solitude. Heureusement, tout n’est pas forcément noir dans sa vie. A l’université, elle rencontrera Matilda et heureusement, Matilda est une véritable amie. Elle va l’encourager à se relever et lui donner la force de se réconcilier avec ses parents. Ce très sombre et percutant roman graphique québécois, illustré au crayon de plomb, est purement autobiographique et surtout, très réaliste. Il nous fait vivre de l’intérieur la grossophobie à travers des dessins sublimes et criants de vérité.
(J'avais posté cette critique sur Instagram en 2023. Le lendemain, Marie-Noëlle Hébert m'avait remercié en commentaire.)