Deuxième bande-dessinée adaptant les romans de l'Apprenti Épouvanteur de Joseph Delaney dans le même style que la première sortie deux ans plus tôt et qui m'a procuré les mêmes sensations : le plaisir de redécouvrir les histoires de Thomas Ward (que j'ai adorées soit dit au passant) sous une nouvelle forme, mais que je trouve parfois inégale dans ce qu'elle propose.
Le style graphique, bien qu'agréable à la lecture, me laisse perplexe. J'avoue avoir beaucoup de mal avec la représentation faite de deux personnages majeurs du récits. En premier lieu, celle de John Gregory -l'épouvanteur du conté qui sert de formateur et de mentor à Tom-, que j'ai toujours imaginé comme un homme aux chevaux grisonnants dans la soixantaine, voire septantaine (et qui a été représenté tel quel dans certaines couvertures anglaises des romans). Dans la bande-dessinée il apparaît comme étant nettement plus jeune, et avec des cheveux noirs. Je trouve qu'il perd ainsi de son aura de "grand maître de son domaine forgé à travers des années de dur labeur" au détriment d'une aura quelconque.
Ensuite vient la représentation d'Alice -la sorcière bien-aimée de notre jeune héros-, qui lors de son introduction dans la série est décrite comme ayant de longs cheveux noirs... alors pourquoi la représenter dans la bande-dessinée avec des cheveux bleus ? Pour accentué le côté "sorcière" du personnage ? Alors que tout au long de la saga ce personnage est toujours décrit comme une sorcière puissante en devenir, mais qui ne fait pas pleinement partie du monde de l'Obscur ?
Il ne s'agit là que de simples détails, car au final il s'agit d'une adaptation d'un roman avec des libertés possibles et clairement prises, mais je trouve que cela vient dénaturer les personnages (ou du moins la vision que nous pouvons nous en faire) sans véritable but ou intension créatrice derrière. Si lors d'une adaptation filmique je suis tout à fait d'accord qu'il est parfois nécessaire de faire l'impasse sur certains caractéristiques physiques au profit d'autres éléments plus important à la bonne réussite de l’œuvre (notamment le jeu d'acteur), je n'arrive pas à passer outre dans le cadre d'une adaptation dessinée qui justement, peut se permettre d'être la plus proche que possible de la vision originale de l'auteur et de son œuvre.
Je trouve également que les dessins manquent de dynamisme entre les différents cadres, ce qui hôte un certain sentiment organique à l’œuvre (ou alors peut-être que dernièrement je n'ai pas lu suffisamment de BD et que mon jugement et complètement biaisé par la masse de mangas lus ces dernières années).
Mise à part ces deux points qui m'ont dérangés lors de ma lecture, je trouve que le reste du graphisme tient totalement la route et fait le job : le coloris des dessins est agréable à l’œil, et les planches se veulent un minimum détaillées surtout lors de la représentation d'environnements. La représentation du héros principal me plaît également, disons que par rapport aux deux autres personnages décrits dans ma critique je n'ai pas le sentiment de voir un Thomas Ward dénaturé avec la représentation qui est faite de lui dans cette adaptation dessinée.
Scénaristiquement parlant, le récit est ultra fidèle au roman éponyme qui lui-même est bon et plaisant à suivre, donc cette BD l'est tout autant.
En définitive, même si je consacre plus de temps à critiquer les points qui m'ont déplu qu'à encensé ceux que j'ai aimé, je trouve cette adaptation globalement réussie. Elle peut clairement être une alternative au roman pour tous les réfractaires de la lecture sans images.