Gregor Samsa, un voyageur de commerce qui se réveille un matin transformé en un insecte monstrueux, incapable de parler et d'agir comme un humain, ce qui déclenche une descente aux enfers au sein de sa propre famille. J'ai bien aimé, mais je dois avouer avoir été trop hypé : on m'en avait parlé comme d'une œuvre qui allait retourner le cerveau, alors que je trouve que, malgré un message très profond, beau et une écriture envoûtante, on retrouve un certain schéma récurrent de l'homme brisé, qui écrit aux rythmes de ses larmes, comme si Kafka ne pouvait pas s'empêcher de puiser dans sa propre angoisse pour nourrir son récit.
Je vois un environnement sombre, oppressant, qui s'étale sur l'œuvre de Kafka, et ça peut devenir vraiment pesant, presque étouffant, tant la situation de Gregor est absurde et tragique à la fois. C'est une histoire qui est SAUVÉE par l'écriture folle de l'auteur. On est hypnotisé par la façon dont Kafka décrit les détails du quotidien de l'insecte, la façon dont la famille réagit, et cette lente décomposition des liens affectifs qui est à la fois effrayante et fascinante.
Cependant, je dois reconnaître que le côté répétitif de la souffrance et l'absence d'espoir peuvent lasser, comme si Kafka nous enfermait dans une boucle infernale sans issue, ce qui rend la lecture parfois difficile, même si le fond est d'une richesse inouïe. Ici il cherche à montrer l'absurdité de l'existence humaine sans chercher à la sauver.