La neige était sale
2024 | 104 pages
✍️ Jean-Luc Fromental (Scénario)
🎨 Bernard Yslaire (Dessin)
La neige était sale est à l’origine un roman de Georges Simenon, écrit à Tucson (Arizona) et paru en 1948. En voici l’adaptation en bande dessinée. Un one-shot publié dans la collection Simenon, Les Romans Durs, aux éditions Dargaud.
Ce que j'en pense :
Assurément un roman graphique d’une grande qualité, et qui, vraisemblablement, s’avère être une excellente adaptation du livre de Simenon.
Je n’ai jamais lu aucun de ses ouvrages, pas même celui-ci, et j’avoue ne pas être attiré par ce style littéraire. Je dois néanmoins admettre qu’à la lecture de cette bande dessinée, je suis curieux. Lire le roman doit être une expérience assez incroyable et déroutante, tant l’histoire est glauque.
Si je ne m’en tiens qu’à l’adaptation, elle ne m’a clairement pas laissé de marbre. J’ai même eu du mal à la lire d’une seule traite. Il m’a fallu plusieurs jours pour en venir à bout. En temps normal, je lis ce genre d’ouvrage assez rapidement, en une seule journée.
Je ne vais pas me lancer dans une analyse philosophique du contenu, mais c’est une histoire qui parle de rédemption, d’absolution et de déchéance humaine, à un niveau très intime, sous l’occupation d’une armée non identifiée.
L’intelligence du récit, c’est qu’il ne nomme ni ville ni nation. On pourrait être tenté de suggérer l’occupation nazie par facilité, mais il n’en est rien dans la narration. Cette occupation peut représenter tout ce que l’on imagine, et la ville concernée, n’importe laquelle.
Le travail sur le personnage principal est poussé. C’est fascinant : on entre littéralement dans sa psyché. Plus incroyable encore, c’est un personnage malsain qui finit par nous toucher, tel un martyr. Un pion dénué d’humanité qui trouve sa voie dans un environnement totalement abject.
Un roman graphique qui m’a plu pour tous ses traits artistiques, mais dont je ne peux tirer pleine satisfaction à cause de son sujet, qui me met profondément mal à l’aise.