Dans ce roman graphique La petite fille oubliée, Souky arrive à traiter de façon forte et émouvante ce que peut ressentir un enfant confronté aux problèmes psy (ou névroses) d’un parent.
Aleona, élevée seule par sa mère, la voit sombrer dans la folie, et essaie de parer au mieux, de tenir... Comment survivre à un parent fou ? (ou alcoolique, dépendant…)
J’emploie volontiers ici le terme de roman graphique, car le format est un peu différent d’une BD classique. Souky joue brillamment avec le texte, la typo et les masses de noires.
Graphiquement, c’est très réussi. La plupart des pages sont sans cases, ou alors découpées de façon à épouser au plus juste l’émotion de l’héroïne et nous faire basculer avec elle dans la peur, la tristesse ou la solitude. La petite fille oubliée n’est pas un récit joyeux et léger, vous l’aurez saisi ; mais d’une justesse remarquable dans sa proposition de nous faire ressentir ce que traverse cette enfant.
Il y a des pleines pages à des moments où le récit en a le plus besoin… comme si nous devions reprendre notre respiration avec l’héroïne.
La narration fait vraiment passer les émotions de façon forte, on ne peut qu’être ému à la lecture de cette œuvre ( la 1ère de l’auteur - À suivre !)
J'ai été replongée dans ma propre enfance ; il n’est pas impossible que chaque adulte d’aujourd’hui revoit l’enfant qu’il était face à la maladie d’ordre psychologique de son parent, ou dans une famille dysfonctionnelle.