Les attaques de trains, ça donne tout de suite un côté épique. Celle dont La Piste des Sioux raconte les conséquences n’échappait pas à la règle, et annonçait une longue série de clichés western qui émaillent ce neuvième album – les courses poursuites, le héros désarmé aux mains de ses ennemis, l’arme à feu cachée, l’attaque de la prison, la partie de poker, l’indiscret malchanceux jeté dans un abreuvoir… Je ne saurais pas vraiment dire pourquoi, mais là ça passe.
Pour le reste, pas si facile de proposer une analyse de ce qui est avant tout un album de transition, sinon que le traitement de la violence physique m’y paraît intéressant. Elle s’y exerce souvent contre des objets : fils télégraphiques, barils de pétrole, pipe. Elle y est souvent placée hors-champ, comme lors de cette bagarre où McClure et Red Neck défendent leur idole (p. 4) et encore plus nettement dans l’ellipse qui marque la mort de Jethro (on le laisse p. 31, on retrouve sa main p. 38). Finalement, à partir du moment où « Il faut le prendre [Blueberry] vivant !! » (p. 6), elle est au moins aussi souvent une menace (p. 7, p. 17) qu’elle ne s’exerce véritablement.
Ainsi déborde-t-on un peu du cadre du pur récit d’aventures.