Sur la demande d’un éditeur japonais de mangas, la revue « Ultra-Jump », Nicolas de Crecy se lance, monte sur le ring et créé cette histoire. Je n’y connais pas grand chose, mais il ne me semble pas que ce livre corresponde aux critères du manga japonais et, pour moi, c’est beaucoup, beaucoup mieux.
Question personnages, madame est servie. Quelle famille ! Un petit homme binocleux, un bébé méchant et méchamment surdoué, c’est peu de le dire, des gangsters plus vrais que nature dirigeant un club de catch où les sportifs ont eu le cerveau lavé (tiens, ça me rappelle quelque chose de terrible) et sont prêts à tout, je dis bien tout pour leur mentor, des ectoplasmes ou quelque choses de ce genre… Bref, une belle galerie servie par un dessin tout en camaïeu de gris très efficace.
Mario, tout petit homme à grosses lunettes possède un magasin de pianos. Son grand ami est un manchot mélomane qui fait avancer le piano lorsqu’il en joue. Mario est follement amoureux de Bérénice, catcheuse dans le club de son frère et son neveu. Oui, mais voilà, elle n’aime pas les minus, il lui faut du costaud, de l’armoire à glace, même si derrière le tain, il n’y a que le vide sidéral. C’est ainsi, la vie est vraiment male faite !
Le neveu, Enzo de son prénom, veut récupérer le magasin pour le transformer… Lire la 4ème de couverture. C’est cette bataille du vice contre la vertu, du bien contre le mal, denla mafia contre la probité, de la musique contre le bruit que Nicolas de Crécy raconte et dessine.
Je me suis retrouvée dans une ville ressemblant à Paris-Manhattan, flirtant avec le surnaturel.
Dans ce livre d’images se côtoient une certaine poésie, beaucoup de choses étranges, une énigme qui se dévoile petit à petit (c’est beaucoup mieux ainsi) quelques personnages très émouvants comme le petit homme ou les ectoplasmes.
Le bien a gagné devant le mal ? pas certain car les derniers dessins appellent une suite à ce feuilleton. Oui, car cela tient du feuilleton à la Dumas tout comme j’ai pensé à L’Eternel de
Joann Sfar. La mafia sicilienne peut être transposée en yakusas japonais, découverts dans « Les évaporés ».
Ce livre d’images de 224 pages, un manga à la française me direz-vous ? Que nenni ! (quoique je ne connaisse par le monde du manga) du dessin, du beau, du léché. C’est dynamique, c’est superbement maîtrisé, du travail d’orfèvre. Les dessins racontent l’histoire de ce polar à la limite (souvent franchies) du fantastique. C’est de la dynamite. Je n’ai pas aimé, j’ai adoré.
La couverture amovible cache, sur sa totalité, une vignette en couleur, superbe. OK, je me répète, mais que voulez-vous, je fus enthousiasmée. J’ai ri, j’ai haussé les sourcils, j’ai vécu ce livre, moi la néophyte en ce domaine.