9
le 31 mars 2024
SuivreNoir est le chemin
Quand j'ai vu que Larcenet allait adapter La Route en BD, une vague d'impatience et d'excitation était montée en moi. Bizarre parce que je n'avais ni lu le livre, ni vu le film. Mais penser que...
J'ai terminé LA ROUTE, si tant est qu'on puisse réellement arriver au bout de celle-ci.
Le roman de Cormac Mc Carthy m'avait saisi aux tripes. Cette histoire d'un père et son fils, tentant de survivre, sur une Terre en fin de vie, l'humanité restante se partageant entre dégénérés cannibales et survivants désespérés m'avait happé. Survivre malgré tout. En tâchant de rester digne dans un univers apocalyptique de cendres, de feu et de larmes.
Le film m'avait beaucoup plu. Pour la retranscription de cet univers, de ce père incarné avec passion par un Viggo Mortensen déchirant d'humanité.
Et voilà un triptyque inoubliable achevé avec cette bande dessinée à classer dans les chefs-d'œuvre du genre, tant le dessin de Manu Larcenet a su capter l'essence, sans jeu de mots, de Mc Carthy.
Il doit être fier monsieur MC Carthy que sa puissante oeuvre ait aboutie à un film respectueux et respectable et une BD presque supérieure à sa propre création.
Il doit l'aimer ce roman Larcenet tant son dessin puise dans la passion du trait, du cadre, de l'amour.
Oui de l'amour malgré le sujet poisseux, brumeux et anxiogène.
Larcenet compose des cadres dignes de tableaux. Chaque dessin est oeuvre d'art et d'amour pour son métier de dessinateur et pour le roman de Mc Carthy.
C'est certainement un classique instantané tant la BD est d'une beauté presque surnaturelle.
Elle n'est pas en noir et blanc. Non. Du tout.
Elle est dans ses mille variétés de gris, de noir, de bleu, d'un ciel Breton au lever du soleil, d'un ciel normand à son coucher.
Elle est spectrale et spéciale.
Les formes majestueuses se dessinent en ombres et lumières. Les personnages deviennent minuscules sous l'implacable chaos des éléments déchaînés en suie, en neige, en cendres et pluies de plomb.
Elle sera étudiée aux beaux-arts à n'en pas douter et si ce n'est pas le cas, tant pis pour les apprentis dessinateurs.
La route est toujours un voyage éprouvant. Surtout quand on la fait à pied parmi les paysages désolés. Encore plus sous la plume de Larcenet qui embarque le lecteur, voyeur, contemplatif, dans une odyssée ébène, de grisailles et de brumes fétides.
Elle est belle à en crever cette BD malgré la mort, les hommes, leur bêtise crasse, leur crasse aussi.
Elle est unique de par le génie de Mc Carthy rencontrant celui de Larcenet pour la fusion de la mine et du crayon, de la main qui écrit avec celle qui dessine, comme les mains de ce père et son fils nouées en un même but commun.
Chez ces deux là, Larcenet et MC Carthy, ce n'est pas la survie qui les animent, mais la vie justement, la création, l'art, les arts qui se rencontrent, qui se mélangent pour le plus grand plaisir du lecteur.
Le mot chef d'oeuvre est très, trop, souvent galvaudé.
N'en déplaise aux rageux, je viens de finir un authentique chef d'oeuvre de la bande-dessinée.
Je ne la conseille pas, je vous hurle de vous la procurer.
De la dévorer.
Contrairement à ce qu'a écrit Cormac Mc Carthy dans le roman originel La Route, dans le dialogue du père à son fils :" réfléchis à ce que tu mets dans ta tête, parce que ça y restera toujours".
Ne réfléchissez plus et mettez-vous dans la tête les planches de cette bande-dessinée mémorable.
@à la une
Sébastien Gehan
@ tous droits réservés.
@manularcenet
@bd
Créée
le 27 déc. 2024
Critique lue 10 fois
9
le 31 mars 2024
SuivreQuand j'ai vu que Larcenet allait adapter La Route en BD, une vague d'impatience et d'excitation était montée en moi. Bizarre parce que je n'avais ni lu le livre, ni vu le film. Mais penser que...
6
le 17 mai 2024
SuivreOui, bon, je vais pas dire le contraire, c'est visuellement impressionnant et certains passages sont virtuoses. Voila. Mais bon, je reste quand même un peu déçu de ma lecture de la Route de Larcenet...
8
le 3 avr. 2024
Suivre📚Un homme, accompagné de son fils, traverse un pays dévasté en quête d'un Sud idéalisé. Ensemble, ils suivent la trajectoire d'une route, vestige d'un ancien monde, tout en prenant soin d'éviter les...
2
le 15 janv. 2025
SuivreThe last humanÇa commence comme n'importe quel nanard qui se respecte..L'unique survivante parle à son robot. Décor minimaliste, fumées épaisses de rigueur (ça ne coûte rien) et elle monte dans son...
6
le 8 oct. 2024
SuivreSérie STEELTOWN MURDERS. Disponible en Replay sur Arte TV. 4 épisodes.Sans vous dévoiler les ressorts et les éléments dramatiques, je dirais qu'on évolue en territoire connu : un tueur en série...
7
le 9 févr. 2024
SuivreCRITIQUE CINÉ : THE ROYAL HÔTEL Film de Kitty Green · 1 h 31 min · 4 février 2024 (France)Genre : ThrillerPays d'origine : Australie, Royaume-UniFiche technique :Deux amies américaines, Hanna et...