C'est "la meilleure BD de l'année" si l'on en croit le bandeau publicitaire qui orne l'album de Gipi pour sa ressortie pré-Noël.
Ok.. je l'avais feuilletée plusieurs fois et les scènes sur lesquelles j'étais tombé au hasard avaient eu du mal à me convaincre, mais je me suis décidé à jouer le jeu !
Pour être honnête, les premières pages m'ont quasi convaincu que l'argument publicitaire était justifié, avec ces superbes cases dessinées à la plume, cette introduction d'un monde post-apocalyptique dangereux et limité à l'ambiance sombre. Et silencieuse. On pense au magnifique Blast de Larcenet pour cette épure magnifique. Et puis...plus le récit avance plus il s'enfonce sans fin dans un misérabilisme où il semble se complaire. A chaque fois qu'un des deux frères souillon fait une rencontre, elle est pire que la précédente... C'est sale, c'est glauque et poisseux. Cette quête du contenu de ce carnet par leur père défunt m'a fait continué la lecture, mais j'ai ressenti un malaise tout du long et je n'y ai pris aucun plaisir. J'avais vraiment hâte de le terminer pour fermer ce que j'ai vécu comme un vrai supplice. Quel soulagement quand ça se termine sur la plus belle page de la BD ! Alors oui, cette ambiance est voulue mais aucun personnage n'est un tant soit peu attachant. Avec leur vocabulaire pauvre, les mêmes mots répétés sans cesse j'étais vraiment dans la souffrance. C'est sans doute exactement ce que voulait faire ressentir l'auteur. Mais chez moi tout ça a provoqué plus de répulsion que de fascination.