Graphiquement, c'est assez moche. Il y avait beaucoup à faire avec le folklore tibétain, dont les représentations mythologiques sont complétement folles, mais on est dans du laborieux, efficace mais moche, avec un goût pour les pages dominées par une couleur (bleu, rouge, jaune...) et des expressions faciales inégales, voire sommaires.
C'est une adaptation en roman graphique de l'autobiographie du Dalaï-Lama. Vous n'y trouverez aucune mise en question de son rôle. Le récit est évidemment dominé par la persécution chinoise, avec un focus important sur les années 1950-1960 (un rappel que le dalaï-lama est un des rares personnages à pouvoir rivaliser avec Elizabeth II en termes de longévité). Il y a une chronologie, limitée aux relations Tibet-Chine (alors qu'on aurait bien aimé la croiser avec l'itinéraire personnel de Tenzin Gyatso).
On trouvera donc un focus sur son récit personnel. Il minimise l'arrachement vis-à-vis de ses parents dont il a été victime, décrit les joies simples du monastère (on sent que c'est sincère car la spiritualité est présente et les anecdotes sont un peu nulles). Et puis la confrontation à la Chine de Mao, avec un double-langage terrible du dictateur, des relations avec l'Inde au départ tendue, mais qui vont se réchauffer, la précarité de la situation après la fuite épique, les prises de position non-violentes et le prix Nobel de 1989 (la même année que Tien An-Men).
ça reste un objet pégaogiquement pas inintéressant pour faire faire un exposé à un élève (par exemple pour le thème religion et Etat en première), mais inutile de l'acheter pour vous.