Lapinot revient, et c'est toujours une bonne nouvelle.
J'ai rappé l'opus précédent, il faudra que je me le procure.
C'était tellement bien, l'Association dans les années 2000. Menu, Sfar avant que sa tronche enfle. Avec mon colocataire, on aimait beaucoup les Lapinot. C'est vraiment une synthèse habile de la BD franco-belge, mais aussi des BD de Carl Barks, avec des jeux sur les clichés de l'univers choisi dans chaque tome, et un rythme toujours très maitrisé.
Et surtout, Richard. Le véritable héros de la bande dessinée.
Et on retrouve tout ici. Il y a une société futuriste gérée par IA où on s'ennuie un peu. La Terre postule auprès d'un peuple supérieur pour entrer au conseil des peuples civilisés. Nos deux compères suivent (pour quelle raison ? J'ai oublié) une artiste qui va visiter une autre planète pour créer une oeuvre d'art originale. On découvre que chaque civilisation galactique a un peu toujours les mêmes archétypes en art. Mais tout dérape, bien sûr.
L'artiste fait exploser la planète après avoir volé un système qui permet de manipuler les émotions. Richard et Lapinot en réchappent, la font arrêter, mais la vraie révélation est que les extraterrestres du consel des civilisations ont probablement tout laissé arriver car ils s'ennuient. Ils n'ont sans doute jamais eu l'intention de laisser la Terre entrer au conseil.
Il y a de l'action, des personnages mémorables, des retournements de situation comme Trondheim sait les ménager. Il y a aussi beaucoup de chouettes trouvailles de SF que je préfère ne pas dévoiler ici, mais qui nous renvoient à ce que nous devenons peu à peu.
Un très chouette album, qui tresse ensemble de l'aventure et une réflexion ironique sur notre rapport à la technologie et à la culture, sans que je puisse dire lequel de ces deux fils semble le plus important pour Trondheim. C'est là que se situe toute sa science. Cet homme est un brouilleur de pistes.