Le Bouclier arverne est une autre grande réussite pour Astérix. Le scénario part cette fois d'une crise de foie d'Abraracourcix, qui a trop abusé pendant les nombreux banquets. Et sa femme Bonemine, qui apparaîtra souvent ensuite, est d'ores et déjà un vrai dragon. Alors il ne reste plus à Abraracourcix qu'à s'enfuir. Même si suivre une cure, ce n'est pas trop pour lui plaire.
On retrouve tout ce qui fait le sel de la série, les gags fusent à la vitesse habituelle, et en plus on voit que Goscinny s'amuse à trouver des noms de romains qui font rire en -uche, pour profiter de l'accent auvergnat. La scène mettant en avant cet accent est d'ailleurs très drôle, avec ces saucisses sèches pour le dessert, un exercice de prononciation périlleux pour tout auvergnat qui ne zozoterait pas!
On peut regretter l'histoire de l'espion romain idiot, on nous avait déjà fait le coup dès le premier volume, et même si la plupart des romains ne sont pas des lumières, on peut se demander s'ils trouvent réellement judicieux pour une mission d'espionnage d'envoyer le plus débile d'entre eux. Ce que le scénario tente de justifier ("Comme ça, les gaulois ne se méfieront pas").
En revanche, le running gag du charbon offre des séquences savoureuses (plus savoureuses que le régime d'Abraracourcix, en tout cas). De l'humour noir, en somme.
Sinon, vous savez où c'est, vous, Alésia?